Sauter au contenu
Hortus botanique

Aaronsohnia, petites annuelles des déserts d'Afrique du Nord et du Proche-Orient

Planche botanique stylisée d’Aaronsohnia, famille des Asteraceae

Aaronsohnia est un genre d'Astéracées de la tribu des Anthémidées qui regroupe de petites annuelles des zones arides, de l'Afrique du Nord au Proche-Orient. Son nom rend hommage à l'agronome Aaron Aaronsohn, célèbre pour avoir retrouvé l'ancêtre sauvage du blé cultivé.

Aaronsohnia (Asteraceae, tribu Anthemideae) est un genre qui ne compte qu'une ou deux espèces selon les auteurs, des régions arides d'Afrique du Nord et du Proche-Orient. Il comprend une ou deux espèces d'annuelles de petite taille, adaptées aux substrats sableux et aux conditions désertiques.

Le genre a été décrit par les botanistes Otto Warburg et Alexander Eig, qui travaillaient sur la flore de la Palestine de l'époque. Les flores actuelles y rangent le plus souvent deux espèces : Aaronsohnia factorovskyi, propre au Proche-Orient, et l'aaronsohnie pubescente du désert, plus largement répandue au Sahara et sur ses marges.

Hommage

Le genre a été dédié à Aaron Aaronsohn (1876-1919), botaniste et agronome né en Roumanie et établi en Palestine ottomane, célèbre pour avoir redécouvert en 1906 Triticum dicoccoides, l'ancêtre sauvage du blé cultivé, au mont Hermon. Cette découverte a eu un impact considérable sur la compréhension de la domestication des céréales.

Retrouver le blé amidonnier sauvage dans la nature permettait de situer le berceau de la domestication du blé au Proche-Orient et d'étudier une plante restée à l'état spontané. Aaronsohn voyait aussi dans ces populations sauvages une réserve de caractères utiles, résistance à la sécheresse en tête, pour améliorer les blés cultivés. Donner son nom à un genre de plantes désertiques reliait ainsi l'hommage à son terrain de prédilection : la flore des régions sèches.

Description

Les plantes du genre sont des annuelles à tiges ramifiées, aux feuilles divisées et aux capitules solitaires portant des fleurs jaunes, typiques de la tribu Anthemideae.

Comme chez toutes les Astéracées, ce que l'on prend pour une fleur est en réalité un capitule : un réceptacle qui porte de nombreuses petites fleurs serrées, entouré de bractées formant l'involucre. Les feuilles finement découpées et l'odeur aromatique que dégagent souvent les Anthémidées rappellent celles des camomilles et des matricaires, avec lesquelles l'aaronsohnie pubescente a d'ailleurs longtemps été classée sous le nom de Matricaria pubescens.

Une annuelle taillée pour le désert

Vivre en zone aride quand on est une petite plante annuelle suppose une stratégie précise. Les graines attendent dans le sable, parfois longtemps, qu'une pluie suffisante humidifie le sol. Elles germent alors rapidement, la plante grandit, fleurit et produit ses fruits avant que le sol ne se dessèche à nouveau. La saison défavorable est traversée sous forme de graine, la forme la plus résistante du cycle.

Les botanistes qualifient ces plantes de thérophytes. Leur abondance varie énormément d'une année à l'autre : après un hiver pluvieux, les regs et les lits d'oueds se couvrent de petites fleurs, alors qu'une année sèche peut n'en montrer presque aucune. Cette irrégularité rend leur observation et leur suivi délicats.

Où les rencontrer et comment les reconnaître

Les Aaronsohnia fréquentent les sols sableux ou caillouteux des steppes et déserts, les dépressions où l'eau s'attarde un peu après la pluie et les bords de chemins. Sur le terrain, on les distingue des autres petites Anthémidées par l'examen attentif des capitules, de l'involucre et des akènes, ce qui demande souvent une loupe et une flore régionale.

Dans le Sahara, l'espèce pubescente est connue des populations locales comme plante aromatique, utilisée traditionnellement en cuisine et dans la pharmacopée populaire. Ces usages, transmis oralement, ne remplacent pas un avis médical. Pour comparer avec d'autres genres décrits dans la base, on peut consulter la fiche des graminées du genre Agropyron, autre groupe de plantes des milieux ouverts, ou parcourir l'index des fiches botaniques des genres en A.

Pourquoi ce petit genre intéresse les botanistes

Un genre réduit à une ou deux espèces paraît modeste, mais il aide à comprendre l'histoire des Anthémidées, une tribu riche en plantes aromatiques et médicinales. Les études de classification fondées sur l'ADN ont conduit à revoir la place de plusieurs espèces autrefois rangées parmi les matricaires ou les cotules. Les petites annuelles désertiques comme Aaronsohnia témoignent aussi de la façon dont les Astéracées ont colonisé les milieux les plus secs de la planète.

Derniers articles

Vous aimerez aussi

▲