Un nom scientifique n'est pas une simple traduction latine du nom courant : c'est une adresse, et chacun de ses éléments porte une information vérifiable. Savoir la lire évite la plupart des confusions entre deux plantes voisines.
Deux mots, deux fonctions
Le premier désigne le genre et prend une majuscule ; le second, l'épithète spécifique, reste en minuscules. Les deux s'écrivent en italique. L'épithète ne vaut rien seule : elle n'a de sens qu'associée à son genre, et la même épithète se retrouve dans des genres sans rapport, ce qui explique qu'une recherche portant sur elle seule ramène n'importe quoi. Le principe remonte au dix-huitième siècle et à la publication qui sert aujourd'hui encore de point de départ à la nomenclature botanique.
Le nom d'auteur, et surtout ses parenthèses
Le nom qui suit, souvent abrégé, est celui de la personne ayant décrit l'espèce. Le détail qui compte tient aux parenthèses : lorsqu'un auteur apparaît entre parenthèses, cela signifie qu'il a décrit la plante dans un autre genre, et qu'un botaniste ultérieur, cité ensuite, l'a transférée. Une parenthèse raconte donc un déplacement, ce qui est précisément l'information dont on a besoin quand deux ouvrages ne donnent pas le même nom.
Pourquoi les noms changent
Ils ne changent pas par caprice. Une même plante a pu être décrite deux fois par des auteurs qui s'ignoraient, et la règle veut alors que le nom le plus ancien l'emporte ; les autres deviennent des synonymes, qui restent valides à la lecture mais ne sont plus le nom accepté. Plus récemment, l'analyse moléculaire a redessiné les parentés entre familles, déplaçant des genres entiers. C'est la raison pour laquelle un ouvrage de jardinage ancien et une base de données actuelle se contredisent sans qu'aucun des deux ait tort.
Ce qui s'ajoute après l'espèce
Une sous-espèce, une variété ou une forme se signalent par une abréviation qui précède le troisième mot, et décrivent des populations naturelles. Un cultivar obéit à d'autres règles : son nom s'écrit entre apostrophes simples, sans italique, parce qu'il relève de la culture et non de la nature. Enfin, le signe de multiplication placé avant l'épithète indique un hybride entre deux espèces, et placé avant le genre, un hybride entre deux genres, notion détaillée dans notre entrée de glossaire sur l'hybride.
Deux abréviations utiles
Un nom de genre suivi de sp. désigne une espèce non identifiée du genre ; suivi de spp., il en désigne plusieurs. Les rencontrer sur une étiquette n'est pas un aveu d'ignorance mais une précision honnête, et il vaut mieux les lire que de supposer une identification qui n'a pas été faite, comme le rappelle notre présentation du site.







