Ulmus × hollandica 'Vegeta' est un orme hybride sélectionné en Angleterre, connu sous les noms d'orme de Chichester ou d'orme de Huntingdon. Arbre vigoureux au port dressé, il a été presque effacé des paysages par la graphiose, comme la plupart des ormes européens.
Ulmus × hollandica 'Vegeta' (Ulmacées), l'orme de Chichester ou orme de Huntingdon, est un cultivar d'orme hybride anglais connu depuis le XVIIIᵉ siècle. Son port dressé et très vigoureux (vegeta = vigoureux) le distinguait des autres ormes hybrides.
Le signe × dans le nom indique un hybride. Ulmus × hollandica regroupe les croisements entre l'orme de montagne (Ulmus glabra) et l'orme champêtre (Ulmus minor), deux espèces qui se rencontrent spontanément en Europe. Ces hybrides présentent des caractères intermédiaires et une grande variabilité ; les pépiniéristes en ont tiré plusieurs formes nommées, multipliées par greffe ou par bouturage pour garder leurs qualités. 'Vegeta' est issu d'une pépinière de Huntingdon, en Angleterre, d'où l'un de ses noms courants.
Reconnaître l'orme de Huntingdon
L'arbre forme un tronc droit qui se divise en grosses branches montantes, et une couronne ample et assez claire. Les feuilles, grandes, ovales et doublement dentées, ont la base dissymétrique propre aux ormes : un côté du limbe descend plus bas que l'autre sur le pétiole. Au début du printemps, avant le plein développement du feuillage, les fleurs discrètes laissent place à des samares, fruits plats entourés d'une aile membraneuse que le vent emporte. Ce port vigoureux et élancé en faisait un arbre d'alignement et de parc apprécié des paysagistes britanniques.
Graphiose
Comme la quasi-totalité des ormes européens, ce cultivar a été décimé par la graphiose (maladie de l'orme), une mycose transmise par des scolytes qui a éliminé la majorité des ormes d'Europe entre les années 1970 et 1990.
Le champignon responsable se développe dans les vaisseaux qui conduisent la sève. L'arbre réagit en obstruant lui-même ces conduits, ce qui provoque le flétrissement brutal de branches entières, puis souvent la mort de l'arbre. Les scolytes, petits coléoptères qui creusent leurs galeries sous l'écorce des ormes affaiblis, transportent les spores d'un arbre à l'autre ; la maladie circule aussi par les racines soudées entre arbres voisins, ce qui explique la disparition rapide des alignements. On parle de « maladie hollandaise de l'orme » parce que ce sont des chercheuses néerlandaises qui en ont décrit l'origine les premières.
Héritage et conservation
Des programmes de sélection cherchent à produire des cultivars résistants à la graphiose. Quelques exemplaires de 'Vegeta' subsistent dans des parcs protégés. L'orme reste l'un des arbres les plus regrettés du paysage européen depuis sa quasi-disparition.
Les arbres rescapés ont souvent été préservés grâce à leur isolement, loin d'autres ormes malades, ou par une surveillance attentive qui permet d'abattre vite tout sujet atteint. Les sélectionneurs ont croisé des ormes européens avec des espèces asiatiques moins sensibles ; en France, l'INRA a ainsi participé à l'obtention du cultivar 'Lutèce', proposé pour replanter les avenues. La conservation des anciens cultivars passe aussi par la greffe sur des porte-greffes sains et par leur maintien dans des collections botaniques.
Planter un orme aujourd'hui
Pour un jardin ou un alignement, mieux vaut choisir un cultivar dont la tolérance à la graphiose a été éprouvée plutôt qu'un orme ancien sensible. L'arbre aime les sols profonds et frais, accepte le calcaire et supporte bien la taille de formation. Les hybrides plus anciens restent intéressants pour leur valeur historique : d'autres formes de la même lignée figurent dans la base, comme le cultivar néerlandais 'Lobel' ou l'orme 'Clusius', nommé en l'honneur d'un botaniste de la Renaissance. La liste des fiches des plantes du genre U rassemble les autres ormes décrits sur le site.

















