Acrothamnion est un genre d'algues rouges filamenteuses de l'ordre des Céramiales, présent dans les eaux côtières tropicales et subtropicales. Ces algues fines, souvent fixées sur d'autres végétaux marins, ne se reconnaissent vraiment qu'au microscope.
Acrothamnion J. Agardh (Rhodophyta, Céramiales) est un genre d'algues rouges filamenteuses des eaux côtières tropicales et subtropicales. Comme les autres Céramiales, ces algues ont une organisation filamenteuse élaborée avec des cellules axiales et périaxiales distinctes.
Morphologie
Le thalle est formé de filaments unisériés finement ramifiés, parfois épiphytes sur d'autres algues ou fixés sur le substrat rocheux. Les tétraspores, servant à la reproduction asexuée, sont disposées dans les ramules terminales.
Un filament unisérié est une simple file de cellules placées bout à bout. Chez ces algues, les rameaux latéraux naissent à intervalles réguliers et donnent à l'ensemble un aspect plumeux. À l'œil nu, on ne voit qu'un fin duvet rougeâtre ; la disposition des rameaux et des organes reproducteurs, déterminante pour nommer l'espèce, s'observe à la loupe binoculaire ou au microscope.
Pourquoi ces algues sont rouges
La couleur des algues rouges vient de pigments accessoires, les phycobiliprotéines, dont la phycoérythrine, qui masquent la chlorophylle. Ces pigments captent la lumière bleue et verte, celle qui pénètre le plus loin dans l'eau, ce qui permet à de nombreuses algues rouges de vivre en profondeur ou à l'ombre d'autres organismes.
Un cycle de vie en trois générations
Comme la plupart des Céramiales, ces algues alternent plusieurs générations. Des plantes sexuées produisent des gamètes ; après fécondation se développe, sur la plante femelle, une petite génération qui libère des carpospores. Celles-ci donnent des plantes qui forment les tétraspores, regroupées par quatre, d'où sortiront à nouveau des plantes sexuées. Les générations se ressemblent souvent, et seul l'examen des organes reproducteurs permet de savoir quel stade on a sous les yeux.
Systématique
La classification des Céramiales et des algues rouges filamenteuses a été profondément révisée grâce aux données moléculaires. Plusieurs genres ont été remodelés, fusionnés ou séparés. Acrothamnion conserve sa validité pour les taxons des eaux côtières indo-pacifiques et méditerranéennes.
L'espèce la plus citée, Acrothamnion preissii, a été décrite d'Australie et figure parmi les algues introduites en Méditerranée, où elle forme des gazons fins sur les rhizomes de posidonie et sur d'autres algues. Ce type d'introduction intéresse les biologistes marins, qui suivent l'effet de ces nouveaux venus sur les peuplements locaux.
D'autres algues de la base
Les algues rouges ne forment pas toutes des filaments : certaines se chargent de calcaire et deviennent rigides, comme les algues rouges calcifiées d'Actinotrichia. Pour comparer avec un tout autre groupe, les algues vertes coloniales du genre Elakatothrix vivent en eau douce et doivent leur couleur à la chlorophylle seule.
Observer et conserver ces algues
Les algues filamenteuses comme Acrothamnion se récoltent avec leur support, un fragment de roche, une autre algue ou une feuille de plante marine, et se conservent dans l'eau de mer jusqu'à l'examen. Pour un herbier, on fait flotter l'algue dans une cuvette d'eau de mer, on glisse dessous une feuille de papier épais et on la soulève doucement pour que les filaments s'étalent. Après séchage sous presse légère, beaucoup d'algues rouges adhèrent seules au papier grâce à leurs mucilages. Une étiquette indique le lieu, la date et le support de récolte, informations précieuses pour l'identification.
Le prélèvement reste modéré et respecte les zones protégées, en particulier les herbiers de posidonie, dont la plante est elle-même protégée en France.

















