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Hortus botanique

Dactylorhize chairée de Reichenbach : reconnaître cette variété

Planche botanique stylisée de Dactylorhiza incarnata var. reichenbachii, famille des Orchidacées

Dactylorhiza incarnata var. reichenbachii est une variété de la dactylorhize chairée, orchidée terrestre des prairies tourbeuses. Feuilles dressées sans taches, épi dense rose et sol gorgé d'eau forment le trio de repères qui permet de la soupçonner sur le terrain.

Dactylorhiza incarnata var. reichenbachii est une variété de la dactylorhize chairée (Orchidacées), dédiée à Heinrich Gustav Reichenbach (1823-1889), le plus grand monographe des orchidées du XIXᵉ siècle. Cette dactylorhize fréquente les prairies et marais tourbeux d'Europe tempérée.

Description

La plante atteint 20 à 50 cm. Les feuilles, dressées et non tachetées (contrairement à d'autres dactylorhizes), sont lancéolées et caduques. L'épi dense porte des fleurs rose vif à rose pâle avec un labelle marqué de stries pourpres. Floraison en mai-juillet selon l'altitude.

Habitat

Elle marque les prairies turficoles humides, les tourbières basses et les bordures de marécages alcalins. Sa disparition dans de nombreuses régions suit directement le drainage des zones humides à des fins agricoles.

Comment la distinguer des autres variétés de la dactylorhize chairée

La dactylorhize chairée est une espèce très variable, et les botanistes y ont décrit plusieurs variétés et sous-espèces selon la couleur des fleurs, la forme des feuilles ou le milieu occupé. La variété type, la variété ochroleuca à fleurs crème, la variété hyphaematodes à fleurs très sombres ou la sous-espèce des tourbières à sphaignes ne se séparent pas d'un coup d'œil. On compare d'abord la teinte et le dessin du labelle, puis le port des feuilles, qui restent étroites, dressées et appliquées contre la tige chez toutes ces formes.

Pour situer la variété ochroleuca, la fiche de la variété ochroleuca à fleurs crème détaille la couleur pâle qui la caractérise. Les hybrides avec la dactylorhize de mai ou l'orchis tacheté compliquent encore la tâche : une plante aux caractères intermédiaires, au milieu d'une population mixte, se note souvent sous le seul nom de l'espèce.

Un nom qui rend hommage au grand spécialiste des orchidées

Heinrich Gustav Reichenbach, souvent appelé Reichenbach fils, était le fils du botaniste Heinrich Gottlieb Ludwig Reichenbach, auteur lui aussi d'une flore illustrée d'Allemagne. Il a décrit un très grand nombre d'orchidées, européennes comme tropicales, et reçu pendant toute sa carrière des plantes envoyées par les collecteurs et les horticulteurs. Lui dédier une variété de dactylorhize revient à saluer l'œuvre d'un homme qui a fixé une bonne partie de la nomenclature des orchidées.

Où chercher cette dactylorhize sur le terrain

La plante recherche les bas-marais alcalins, les prairies humides fauchées tardivement et les dépressions où l'eau affleure une bonne partie de l'année. Elle pousse en pleine lumière, au milieu des laîches et des joncs, et côtoie souvent la parnassie des marais, l'épipactis des marais ou le choin noirâtre. Un sol simplement frais ne lui suffit pas : sans engorgement durable, elle disparaît au profit de graminées plus vigoureuses.

La meilleure période d'observation correspond à la floraison, car en dehors de celle-ci la rosette de feuilles se perd dans la végétation. Les autres membres du genre, que l'on retrouve parmi les fiches botaniques des plantes du genre D, fleurissent parfois au même endroit et aident à se repérer.

Pourquoi cette orchidée régresse

Le drainage n'est pas la seule menace. L'abandon de la fauche laisse s'installer les roseaux, les saules puis les bourdaines, qui ferment le milieu et privent l'orchidée de lumière. À l'inverse, des apports d'engrais ou un pâturage trop intensif modifient la flore et compactent le sol. Selon les régions, l'espèce peut bénéficier d'une protection réglementaire ; l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) indique son statut local et les listes rouges régionales.

Les gestionnaires d'espaces naturels maintiennent ces prairies par une fauche tardive avec exportation du foin, qui appauvrit le sol et favorise les orchidées. Les tourbières plus acides, colonisées par les sphaignes, abritent quant à elles la sous-espèce sphagnicola des tourbières, adaptée à un milieu plus pauvre.

Observer sans cueillir ni transplanter

Comme toutes les orchidées, la dactylorhize dépend d'un champignon du sol pour germer et se développer. Une plante arrachée pour le jardin meurt presque toujours, même avec sa motte, et la cueillette prive la population de ses graines. La photographie reste le meilleur moyen d'en garder une trace : on s'approche par les passages déjà marqués, sans piétiner les rosettes voisines, et on note la date et le lieu pour enrichir les inventaires locaux.

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