Sauter au contenu
Hortus botanique

Épine en botanique : un organe transformé, distinct de l'aiguillon

En botanique, une épine est un organe pointu et rigide issu de la transformation d'un rameau, d'une feuille, d'une stipule ou d'une racine. Parce qu'elle dérive d'un organe complet, l'épine contient du tissu conducteur (elle est vascularisée) et reste solidaire du bois : on ne peut pas l'arracher sans déchirer l'écorce. Elle s'oppose à l'aiguillon, simple excroissance de l'épiderme et de l'écorce superficielle, dépourvue de vaisseaux, qui se détache proprement d'une pression du pouce.

Types d'épines selon l'organe d'origine

L'épine caulinaire est un rameau avorté et durci, souvent placé à l'aisselle d'une feuille : c'est le cas chez l'aubépine (Crataegus), le prunellier (Prunus spinosa) ou le févier d'Amérique (Gleditsia), dont les épines ramifiées naissent même sur le tronc.

L'épine foliaire provient d'une feuille entière ou de l'une de ses parties. Chez les épines-vinettes (Berberis), les feuilles des rameaux longs se réduisent à des épines souvent divisées en trois pointes, avec à leur aisselle un rameau court qui porte les vraies feuilles ; la Berberis thunbergii 'Kobold', épine-vinette naine en boule, en montre de petites épines simples le long de ses tiges. Chez le houx (Ilex aquifolium), ce ne sont que les dents du limbe qui se terminent en pointe dure : on parle alors de feuille épineuse plutôt que d'épine au sens strict. Les feuilles et les bractées des chardons, comme celles de l'Acanos spina, chardon méditerranéen de la famille des Astéracées, relèvent du même principe.

L'épine stipulaire résulte de la transformation des deux stipules situées à la base de la feuille : le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) en porte une paire de chaque côté du pétiole sur ses jeunes pousses.

Rôle défensif et valeur pour l'identification

Les épines sont des adaptations contre le broutage : leur dureté et leur position limitent l'accès des herbivores aux feuilles, aux bourgeons et aux fruits. Elles réduisent aussi, chez les plantes des milieux secs, la surface d'évaporation lorsque la feuille entière est devenue épine.

Sur le terrain, tester la pointe aide à orienter une détermination. Si elle casse net à sa base en laissant une petite cicatrice, c'est un aiguillon : c'est le cas des rosiers et des ronces, d'où l'expression trompeuse « pas de rose sans épines ». Si elle résiste et emporte un lambeau d'écorce, c'est une vraie épine, comme chez l'aubépine ou le prunellier, deux Rosacées qui montrent que cette famille possède les deux types. Les cactus, souvent cités à tort comme exemple d'aiguillons, portent de vraies épines : elles correspondent à des feuilles transformées regroupées sur des coussinets appelés aréoles.

Épine, aiguillon et poil piquant : comment les distinguer

L'épine naît à un emplacement fixe (aisselle d'une feuille, base du pétiole, place d'une feuille) et contient des vaisseaux. L'aiguillon apparaît n'importe où sur la tige, sans lien avec les nœuds, et ne contient pas de vaisseaux. Le poil urticant, comme celui de l'ortie, est une seule cellule allongée et fragile, sans rapport avec ces deux organes. Observer la position de la pointe par rapport aux feuilles suffit souvent à trancher avant même de la toucher.

Derniers articles

Vous aimerez aussi

▲