En botanique, le spadice est une inflorescence en épi dont l'axe est épais et charnu, couvert de nombreuses petites fleurs sessiles, et généralement entourée ou accompagnée d'une grande bractée appelée spathe. Le terme vient du latin spadix, emprunté au grec spadix (rameau de palmier arraché). Il caractérise surtout les Araceae, mais on l'emploie aussi pour l'inflorescence des palmiers.
Le spadice des Araceae
Chez le gouet tacheté, Arum maculatum, le spadice est organisé en étages : à la base, des fleurs femelles ; au-dessus, des fleurs mâles ; puis une couronne de fleurs stériles en forme de poils ; enfin une massue nue, l'appendice, pourpre ou jaunâtre. L'ensemble est enveloppé par une spathe qui forme une chambre à sa base. Chez l'anthurium (Anthurium andraeanum), le spadice est une petite queue dressée au-dessus d'une spathe rouge vernissée, et ses fleurs sont hermaphrodites. Chez l'arum titan, Amorphophallus titanum, l'inflorescence peut approcher trois mètres de haut.
Chaleur et odeur : un piège pour les insectes
Chez beaucoup d'Araceae, l'appendice du spadice produit de la chaleur par une respiration intense : c'est la thermogenèse. Chez l'arum, la massue peut dépasser de plus de 10 °C la température de l'air. Cette chaleur volatilise des composés odorants qui attirent de petits moucherons, notamment du genre Psychoda chez Arum maculatum. Les insectes glissent dans la chambre, retenus par les fleurs stériles, et se couvrent de pollen avant d'être libérés lorsque ces poils se flétrissent.
Spadice, épi, chaton
Le spadice est un cas particulier d'épi, défini par son axe renflé et charnu. L'épi ordinaire, comme celui du plantain, porte des fleurs sessiles sur un axe grêle. Le chaton, chez le noisetier ou le saule, est un épi souple, souvent pendant, de fleurs unisexuées très réduites. Le spadice des palmiers, ramifié, correspond à une inflorescence composée protégée au départ par une grande bractée : sa parenté avec celui des Araceae tient surtout au vocabulaire.

















