Boréomontagnard qualifie la distribution géographique d'un taxon ou d'un type végétal présent à la fois dans la zone boréale (forêts de conifères du nord européen, sibérien et nord-américain) et dans les étages montagnards des zones tempérées (Alpes, Pyrénées, Carpates, Apennins). Ce type de distribution résulte de la connexion de ces deux zones lors des glaciations : entre les deux aires, les plaines tempérées forment aujourd'hui une coupure que ces plantes ne franchissent plus.
Exemples d'espèces boréomontagnards
Linnaea borealis (linnée boréale), Trientalis europaea (trientale), Vaccinium myrtillus (myrtille) et Circaea alpina (circée alpestre) sont des espèces à distribution boréomontagnarde typique. Elles colonisent les forêts d'épicéas et de sapin en montagne exactement comme elles colonisent la taïga scandinave et sibérienne.
Ces plantes partagent un même cortège de conditions : sous-bois frais et ombragés, humus acide, litière d'aiguilles, enneigement hivernal qui les protège du gel. C'est pourquoi on les retrouve ensemble, en montagne comme dans le Nord, sous les mêmes essences de conifères.
Signification biogéographique
La distribution boréomontagnarde est interprétée comme un héritage des glaciations : lors des périodes froides, ces espèces descendaient aux basses altitudes et s'étalaient en Europe centrale. Au réchauffement, elles se sont réfugiées en altitude (refuge montagnard) et en latitude (refuge boréal). Les deux populations résiduelles sont aujourd'hui souvent légèrement différenciées génétiquement.
Boréomontagnard, arctico-alpin : ne pas confondre
Le terme voisin arctico-alpin désigne des plantes partagées entre la toundra arctique et l'étage alpin, au-dessus de la limite des arbres. Le boréomontagnard concerne un niveau plus bas : la forêt de conifères du Nord d'un côté, l'étage montagnard et subalpin boisé de l'autre. Les deux distributions racontent la même histoire glaciaire, mais pas dans les mêmes milieux.
Des plantes rares et protégées en France
En France, ces espèces vivent en limite de leur aire, dans quelques stations de montagne isolées, ce qui les rend vulnérables. La linnée boréale et la trientale figurent ainsi à l'annexe I de l'arrêté ministériel du 20 janvier 1982, qui fixe la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire métropolitain : leur cueillette, leur arrachage, leur transport ou leur vente à partir de spécimens sauvages sont interdits. La myrtille, très commune, ne relève pas de cette liste. Pour le jardinier, la règle est simple : observer et photographier ces plantes sur place, sans jamais prélever de pied en milieu naturel.
Sens de boréomontagnard et cueillette de la linnée boréale
Que veut dire boréomontagnard ?
Le mot associe « boréal » (le Nord froid) et « montagnard » (l'étage forestier des montagnes) : il désigne une plante présente dans ces deux régions séparées, mais absente des plaines entre les deux.
Peut-on cueillir la linnée boréale ?
Non : en France métropolitaine, elle fait partie des espèces protégées sur tout le territoire par l'arrêté du 20 janvier 1982 ; toute cueillette d'un spécimen sauvage est interdite.















