Une hépatique est dite anacrogyne quand ses archégones (organes sexuels femelles) se forment en arrière de l'apex végétatif, à partir de cellules latérales, et non à partir de la cellule apicale elle-même. La pointe de la tige ou du thalle continue donc de pousser après la fécondation. L'état opposé est dit acrogyne : l'archégone naît de la cellule apicale et met fin à la croissance de l'axe qui le porte.
D'où vient le mot ?
Le terme associe le préfixe privatif grec an- (sans, non) à akros (sommet) et gunê (femme, organe femelle) : littéralement, « dont l'organe femelle n'est pas au sommet ». Son pendant, acrogyne, désigne au contraire un archégone terminal.
Conséquences sur la morphologie
Comme l'apex n'est pas consommé par la reproduction, le gamétophyte d'une hépatique anacrogyne peut continuer à s'allonger et à se ramifier après avoir produit ses archégones. Chez les espèces acrogynes, chaque axe fertile s'arrête au contraire avec la formation de l'archégone, et la plante ne poursuit sa croissance que par des ramifications latérales.
Quelles hépatiques sont anacrogynes ?
Le caractère est typique des Metzgeriales, hépatiques à thalle simple, longtemps regroupées sous le nom d'Anacrogynae pour cette raison. Dans le genre Metzgeria, les archégones sont portés sur la face ventrale de la nervure médiane, sur de courts rameaux fertiles qui peuvent ensuite redevenir végétatifs. Le genre Aneura, au thalle charnu sans nervure, appartient au même ensemble.
À l'inverse, les hépatiques à feuilles (Jungermanniales) sont acrogynes : leurs archégones naissent directement de la cellule apicale, au bout d'un rameau fertile. Les Marchantiales, hépatiques à thalle complexe, forment un troisième groupe qui porte ses organes sexuels sur des supports spécialisés (archégoniophores et anthéridiophores) et ne se range pas dans cette opposition.
Pourquoi cette distinction compte
La position de l'archégone a longtemps servi de critère majeur pour classer les hépatiques, en séparant les formes à feuilles acrogynes des formes à thalle simple anacrogynes. Les classifications récentes, fondées sur la génétique, ont redécoupé ces groupes, mais le terme reste employé dans les flores et les clés de détermination des bryophytes : savoir où se trouvent les archégones aide à reconnaître une hépatique sur le terrain, loupe en main.
Questions fréquentes sur le caractère anacrogyne
Comment savoir si une hépatique est anacrogyne ?
Il faut repérer les archégones, ou les sporophytes qui en naissent : s'ils sont portés sur le côté ou sous le thalle, en retrait de la pointe qui continue de pousser, la plante est anacrogyne ; s'ils terminent la tige, elle est acrogyne.
Les mousses sont-elles concernées ?
Non : l'opposition entre acrogyne et anacrogyne est propre aux hépatiques. Chez les mousses, on parle d'espèces acrocarpes ou pleurocarpes selon la position du sporophyte, une distinction voisine mais distincte.















