L'antherosymphysie (du grec anthēr, anthère, et symphysis, union) est le phénomène par lequel les anthères d'une fleur sont soudées latéralement entre elles, formant un tube autour du style. C'est un caractère fondamental et diagnostique de la famille des Asteraceae (anciennement Composées).
Mécanisme et fonction
Dans un capitule d'Asteraceae, les 5 étamines sont soudées par leurs anthères en un manchon cylinédrique creux. Le pollen est libéré à l'intérieur du tube (déhiscence introrse). Le style, en s'allongeant, pousse le pollen vers l'extérieur comme un piston (présentation secondaire du pollen). Ce dispositif favorise la pollinisation croisée par les insectes.
Exemples
Visible sur toute fleur tubulée ou ligulee d'Asteraceae : marguerites (Leucanthemum), tournesol (Helianthus), pâquerettes (Bellis), pissenlits (Taraxacum), chardons (Carduus, Cirsium). Dans les fleurs liguées des Cichorioideae (chicorées, pissenlit), le tube anthéral est également présent bien que la corolle soit aplatie en ligule.
Valeur diagnostique
Avec le capitule (réceptacle portant de nombreuses fleurs groupées), l'antherosymphysie est l'un des deux grands caractères qui définissent les Asteraceae. La famille regroupe plus de 23 000 espèces, ce qui en fait l'une des plus grandes parmi les Angiospermes. En dehors de ce groupe, la soudure des anthères s'observe aussi dans les Lobeliaceae et certaines Goodeniaceae.

