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Hortus botanique

Pyrus chamaemespilus : reconnaître l'alisier nain des montagnes

Planche botanique stylisée de Pyrus chamaemespilus, famille des Rosaceae

Pyrus chamaemespilus, l'alisier nain ou alise de montagne, est une rosacée arbustive des pentes calcaires d'altitude. Ses fleurs rose foncé, rares chez les alisiers, et ses petits fruits rouges permettent de l'identifier sans hésiter lors d'une sortie botanique.

Pyrus chamaemespilus (Rosaceae), souvent classé sous Sorbus chamaemespilus ou Aria chamaemespilus, est l'alisier nain, petit arbuste de 0,5 à 2 m des pentes rocheuses calcaires des Alpes, Pyrénées, Apennins et Balkans.

L'épithète chamaemespilus associe le grec chamai, « à terre », et mespilus, le néflier : la plante est en quelque sorte un « néflier rampant », allusion à sa petite taille et à ses fruits en forme de petite pomme. Les flores anciennes la rangent dans le genre Pyrus, les ouvrages plus récents dans Sorbus ou dans le genre Aria ; ces noms désignent la même plante, et c'est souvent sous l'un d'eux qu'on la retrouve dans les herbiers et les catalogues de pépinière.

Description

Feuilles ovales dentées, vertes dessus et plus pâles dessous, caduques. Fleurs rose foncé (distinctif des alisiers, dont la plupart ont des fleurs blanches). Fruits rouges ovoïdes de 1 à 1,5 cm, comestibles mais peu savoureux crus.

Les feuilles, simples et non lobées, ont un limbe épais et un peu coriace, finement denté sur les bords. Les fleurs sont groupées en petits bouquets serrés au bout des rameaux ; leurs pétales restent dressés au lieu de s'étaler à plat, ce qui leur donne une allure de coupe fermée, très différente des corolles ouvertes de l'alisier blanc. Le fruit est un piridion, comme chez le pommier ou le poirier : une petite pomme dont la chair entoure les graines.

Comment le distinguer des espèces voisines ?

En montagne, plusieurs rosacées ligneuses se côtoient. L'alisier blanc (Aria edulis, souvent nommé Sorbus aria) forme un arbre ou un grand arbuste aux fleurs blanches et au revers des feuilles blanc et feutré. Le sorbier des oiseleurs porte des feuilles composées de nombreuses folioles. L'alisier nain, lui, cumule trois traits faciles à repérer : un port bas et buissonnant, des feuilles entières à revers seulement plus pâle, et des fleurs roses aux pétales dressés.

Là où l'alisier nain et l'alisier blanc poussent ensemble, ils peuvent s'hybrider. Les plantes intermédiaires, connues sous le nom de Sorbus × ambigua, montrent des caractères mêlés : fleurs rose pâle, revers des feuilles légèrement feutré. Une identification sûre demande alors d'observer plusieurs individus et de comparer avec des échantillons de référence, comme on le fait pour l'épicéa nain 'Ohlendorffii' face aux autres formes compactes de l'épicéa commun.

Écologie

Il colonise les éboulis, les combes à neige tardives et les lisières de forêts subalpines entre 1200 et 2400 m. Sa floraison rose le distingue immédiatement des autres rosacées de montagne. Plante indicatrice des milieux alpins peu perturbés.

Il recherche des sols calcaires, souvent caillouteux et bien drainés, mais restant frais grâce à la neige qui fond lentement au printemps. Le manteau neigeux le protège du froid intense pendant l'hiver ; en contrepartie, la saison de végétation est courte, ce qui explique sa croissance lente. Ses fruits sont consommés par les oiseaux, qui dispersent les graines d'une pente à l'autre.

Le cultiver au jardin

L'alisier nain reste rare en culture. Il convient surtout aux amateurs de plantes alpines, en rocaille calcaire ou en grand bac, à une exposition lumineuse mais sans chaleur excessive. Un substrat drainant, mêlant terre, graviers et un peu de calcaire, lui convient mieux qu'un sol riche. En plaine, les étés chauds et secs l'affaiblissent : un emplacement à mi-ombre l'après-midi et un paillage minéral l'aident à passer cette saison. La multiplication se fait par semis de graines stratifiées au froid, la germination étant lente et irrégulière.

Il s'associe bien à d'autres petites plantes de montagne, comme l'acore nain (Acorus pusillus) au bord d'un bassin de rocaille, ou à d'autres ligneux nains. La liste complète des fiches botaniques du genre P permet de le situer parmi les autres plantes classées sous cette lettre.

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