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Hortus botanique

Acorus odoratus, synonyme d'Acorus calamus : description et usages

Planche botanique stylisée d’Acorus odoratus, famille des Acoracées

Acorus odoratus est un nom botanique ancien, publié par Lamarck, qui désigne en réalité l'acore aromatique, Acorus calamus. Cette vivace des bords d'eau aux feuilles en épée doit sa réputation à son rhizome très parfumé, longtemps employé en herboristerie et en parfumerie.

Acorus odoratus Lam. est un synonyme de Acorus calamus L. (Acoracées), le jonc odorant ou acore aromatique. Plante vivace des bords de cours d'eau, marais et étangs, originaire d'Asie du Sud et naturalisée en Europe depuis le XVIᵉ siècle.

En nomenclature, lorsqu'une même plante a reçu plusieurs noms, c'est le plus ancien publié selon les règles qui s'impose : ici celui de Linné. Le nom de Lamarck reste utile pour lire les ouvrages anciens, les herbiers et certaines étiquettes, mais il renvoie à la même espèce. Le genre Acorus a longtemps été classé parmi les Aracées, la famille des arums ; il forme aujourd'hui une famille à part, les Acoracées, considérée comme l'une des plus anciennes lignées de monocotylédones.

Description

Plante de 60 à 120 cm aux feuilles étroites en épée, évoquant les iris. Le spadice cylindrique, vert-jaunâtre, émerge directement de la tige aplatie. Le rhizome, fortement aromatique, dégage une odeur douce de cannelle-iris.

Les feuilles portent une nervure médiane saillante et un bord souvent ondulé ; froissées, elles libèrent le même parfum que le rhizome. Le spadice, sorte d'épi serré de minuscules fleurs, semble sortir de côté, car la tige florale se prolonge par une bractée qui ressemble à une feuille. En Europe, la plante fructifie rarement et se propage surtout par son rhizome rampant, qui forme des colonies denses le long des berges.

Ne pas le confondre avec l'iris des marais

Hors floraison, l'acore se confond facilement avec l'iris jaune des marais, dont le nom latin, Iris pseudacorus, signifie justement « faux acore ». Deux indices tranchent : l'odeur, nulle chez l'iris lorsqu'on froisse une feuille, et la floraison, spectaculaire chez l'iris, discrète chez l'acore. La nervure centrale bien marquée de l'acore aide aussi à le reconnaître au toucher.

Usages et phytochimie

Le rhizome était utilisé en médecine arabe, indienne et européenne traditionnelle pour ses propriétés digestives et carminatives. Il contient de la β-asarone, composé potentiellement génotoxique à forte dose, ce qui limite aujourd'hui son usage alimentaire en Europe.

La teneur en β-asarone varie selon l'origine des plantes : certaines populations en contiennent beaucoup, d'autres très peu. Faute de pouvoir le savoir à l'œil, l'automédication à base de rhizome récolté est déconseillée ; la réglementation européenne encadre d'ailleurs la présence de cette substance dans les arômes alimentaires. Pour toute question de santé, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien prime sur les usages anciens. La plante garde en revanche un intérêt historique et ornemental certain.

Cultiver l'acore au bord d'un bassin

Au jardin, l'acore aromatique se plante en bordure de bassin ou de mare, les pieds dans quelques centimètres d'eau ou dans une terre gorgée d'humidité, au soleil ou à mi-ombre. Il est rustique et se multiplie très simplement par division du rhizome au printemps. Pour un petit bassin, une espèce plus compacte comme l'acore nain évite l'envahissement, de même que l'Acorus undulatus, décrit lui aussi dans la base. Les autres genres classés sous la même lettre se consultent dans les fiches des plantes du genre A.

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