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Hortus botanique

Crepis × longifolia : reconnaître une crépide hybride

Planche botanique stylisée de Crepis × ‘Longifolia’, famille des Asteracées

Crepis × longifolia désigne une crépide hybride née du croisement spontané de deux espèces du genre Crepis. Ses feuilles plus longues que celles de ses parents lui ont donné son nom, mais son identification reste délicate dans un genre où les formes intermédiaires abondent.

Crepis × longifolia est un hybride naturel du genre Crepis (Asteracées), issu du croisement entre deux espèces de crépides. L'épithète longifolia (longues feuilles) décrit ses feuilles nettement plus allongées que celles de l'un ou des deux parents.

Le signe « × » placé devant l'épithète signale, en nomenclature botanique, un hybride entre espèces. Le nom seul ne dit pas quels sont les parents : pour les connaître, il faut remonter à la description d'origine ou à une flore régionale qui précise la combinaison observée. Chez les crépides, ces croisements se produisent là où deux espèces fleurissent en même temps et partagent les mêmes insectes pollinisateurs.

Description

Le genre Crepis regroupe des plantes à capitules de fleurs jaunes ligulées, souvent confondues avec les pissenlits et les picris. Les hybrides interspécifiques y sont fréquents car le genre est apomictique dans certaines sections, ce qui complique l'identification.

Pour reconnaître une crépide, on observe d'abord le capitule : toutes les fleurs sont ligulées, comme chez le pissenlit, mais l'involucre porte deux rangs de bractées, les extérieures plus courtes et souvent écartées. Le fruit, un akène surmonté d'une aigrette de soies blanches et souples, complète le diagnostic. Les tiges ramifiées qui portent plusieurs capitules écartent aussi le pissenlit, dont chaque hampe creuse ne porte qu'une seule tête.

Pourquoi un hybride de crépide est-il si difficile à nommer ?

Un hybride réunit des caractères de ses deux parents, à des degrés qui varient d'un individu à l'autre. La longueur et la découpe des feuilles, la pilosité des tiges ou la couleur des bractées peuvent pencher vers l'un ou vers l'autre. L'apomixie ajoute une difficulté : certaines crépides forment des graines sans fécondation, ce qui fixe une forme intermédiaire et la reproduit à l'identique au fil des générations. On obtient alors des populations stables qui ressemblent à de petites espèces.

Devant une plante suspecte, la démarche prudente consiste à noter l'ensemble des caractères, à photographier les feuilles de la rosette et celles de la tige, les capitules ouverts et les akènes mûrs, puis à comparer avec les crépides qui poussent aux alentours. Un hybride se trouve presque toujours à proximité de ses deux parents : leur présence est souvent l'indice le plus solide.

Habitat

Comme les espèces parentes, cet hybride se rencontre dans les prairies, pelouses, bords de routes et talus d'Europe tempérée, là où les deux espèces parentales poussent en proximité suffisante pour une pollinisation croisée.

Prairies de fauche et talus routiers offrent des milieux ouverts où plusieurs crépides se côtoient. Ces milieux évoluent vite : l'abandon de la fauche laisse s'installer les graminées hautes puis les ronces et les arbustes, et les crépides reculent. Un fauchage tardif, après la montée en graines, favorise au contraire leur maintien et celui de nombreuses autres plantes à fleurs des prés.

Les crépides voisines à comparer

La crépide verte étalée (Crepis virens var. diffusa) représente une forme d'une espèce répandue des pelouses et des bords de chemin, utile comme point de comparaison pour la taille des capitules et le port. La crépide vendéenne des pelouses atlantiques illustre au contraire une crépide liée à une région précise. Mettre côte à côte les feuilles de ces plantes montre combien leur forme varie à l'intérieur d'un même genre, et pourquoi la seule longueur des feuilles ne suffit jamais à nommer un hybride.

Pour situer cette fiche parmi les autres, la liste des fiches botaniques du genre C réunit les crépides et les autres plantes classées sous cette lettre. En herbier, une étiquette complète, avec le lieu, la date de récolte et les espèces observées à côté, rend un spécimen d'hybride bien plus utile qu'une plante isolée sans contexte.

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