Poa trivialis var. effusa est une forme du pâturin commun qui se distingue par une panicule plus lâche et plus ramifiée. Graminée des prairies fraîches et des sous-bois humides, elle se reconnaît surtout à sa ligule allongée et à ses tiges rampantes, caractères qu'elle partage avec l'espèce type.
Poa trivialis var. effusa est une variété du pâturin commun (Poa trivialis, Poaceae) caractérisée par une panicule plus ouverte et ramifiée que le type. La plante est une graminée vivace de 30 à 80 cm, à tiges aplaties à la base, souvent couchantes puis redressées.
Comment reconnaître le pâturin commun
Le pâturin commun forme des touffes lâches qui s'étendent par des stolons couchés à la surface du sol, et non par des rhizomes souterrains. Les feuilles sont fines, d'un vert souvent clair et luisant au revers, et terminées comme chez tous les pâturins par une pointe en forme de proue de bateau. La ligule, petite membrane située à la jonction entre le limbe et la gaine, est longue et pointue : c'est le caractère le plus fiable pour le distinguer du pâturin des prés, dont la ligule est courte et tronquée.
Les gaines des feuilles supérieures sont souvent rudes au toucher quand on les fait glisser entre les doigts de bas en haut. Ce test simple, utilisé par les botanistes de terrain, complète l'observation de la ligule lorsque la plante n'est pas en fleur.
Ce que change la variété effusa
Chez la variété effusa, la panicule s'ouvre davantage : ses rameaux s'écartent largement de l'axe et se divisent, ce qui lui donne un aspect aérien. La différence se voit surtout en pleine floraison ; avant l'épiaison ou en fin de saison, la plante se confond avec la forme ordinaire. Beaucoup de flores ne retiennent d'ailleurs pas ce rang et rangent ces plantes dans la variabilité normale de l'espèce, influencée par l'ombre et l'humidité.
Habitat
On la trouve dans les prairies humides, les bords de fossés et les sous-bois frais d'Europe tempérée. Elle supporte bien les sols argileux compactés temporairement inondés.
Le pâturin commun accompagne souvent la renoncule rampante, la houlque laineuse ou le vulpin dans les prairies qui restent mouillées en hiver. En lisière forestière, il occupe les zones piétinées des chemins forestiers et les clairières fraîches. Sa présence en abondance signale un sol tassé et mal drainé plutôt qu'une prairie de bonne valeur fourragère.
Usage
Poa trivialis entre dans certains mélanges de gazon pour terrains humides ou ombragés, où les espèces plus exigeantes échouent. La variété effusa n'a pas d'emploi agronomique distinct du type.
Dans un gazon, ce pâturin a deux visages. Sous les arbres et au nord d'un bâtiment, il couvre le sol là où le ray-grass et la fétuque peinent à tenir. En plein soleil, en revanche, il jaunit lors des étés secs et forme des plaques plus claires qui tranchent sur le reste de la pelouse : les jardiniers le considèrent alors comme une mauvaise herbe. Un sol aéré et un arrosage moins fréquent réduisent sa place au profit des graminées plus résistantes à la sécheresse.
Les pâturins avec lesquels on le confond
La comparaison la plus utile se fait avec le pâturin des prés. La fiche sur Poa pratensis var. angustifolia, le pâturin des prés à feuilles étroites montre une plante à rhizomes, à feuilles plus raides et à ligule courte, adaptée à des sols plus secs. Le pâturin annuel, très commun dans les allées, se reconnaît à sa petite taille, à ses feuilles souvent plissées en travers et à sa floraison presque continue.
Pour parcourir les autres graminées et plantes rangées sous la même lettre, l'index des fiches botaniques du genre P réunit les pâturins et les genres voisins. Une plante d'aspect voisin, le Carex acuta des berges marécageuses, illustre au passage la différence entre vraies graminées et laîches : tige triangulaire et pleine chez les secondes, ronde et creuse chez les premières.
Observer la plante au bon moment
La floraison du pâturin commun a lieu à la fin du printemps et au début de l'été. C'est la période où la panicule est la mieux formée et où l'on peut juger de son ouverture. Pour un herbier, on prélève une tige fleurie avec sa base et quelques stolons, afin de garder les caractères végétatifs qui confirment l'identification.

















