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Hortus botanique

Corde (botanique) : l'essentiel

En botanique populaire et en anatomie végétale, le mot corde désigne les faisceaux de fibres de sclérenchyme qui apparaissent quand on déchire une feuille ou une tige herbacée. Ces « cordes » sont les filaments qui restent attachés aux deux morceaux après le déchirement : ils trahissent la présence d'un tissu de soutien lignifié, plus solide que les cellules qui l'entourent.

Anatomie du sclérenchyme

Les cordes observées sont surtout des fibres de sclérenchyme associées aux faisceaux conducteurs (xylème et phloème). Ces cellules allongées, à paroi épaissie et souvent lignifiée, sont mortes à maturité : elles ne transportent rien, elles assurent la résistance mécanique de la tige, du pétiole ou de la nervure. Elles se distinguent du collenchyme, autre tissu de soutien mais formé de cellules vivantes et souples, que l'on trouve par exemple dans les côtes du céleri.

Chez le poireau (Allium porrum), les « cordes » des feuilles restent bien visibles après la cuisson : elles résistent mieux à la chaleur que le parenchyme, tissu tendre qui se ramollit.

Où observer des cordes végétales

  • Feuilles de monocotylédones : poireau, iris, graminées et agaves présentent des nervures parallèles renforcées de fibres qui s'effilochent en long.
  • Pétioles : la rhubarbe et le céleri montrent des filaments que l'on retire à l'épluchage.
  • Tiges herbacées : l'ortie et le chanvre laissent des fibres longues et tenaces quand on casse la tige.
  • Fruits : la bourre du fruit du cocotier (Cocos nucifera) est faite de fibres, le coir.

Usages textiles

Les plantes à fibres, lin (Linum usitatissimum), chanvre (Cannabis sativa), ramie (Boehmeria nivea), ont été cultivées précisément pour ces fibres de sclérenchyme, les « cordes végétales ». Chez ces espèces, les fibres utiles se trouvent dans l'écorce de la tige : on parle de fibres libériennes. Le rouissage (fermentation contrôlée, au champ ou dans l'eau) dissout les pectines qui les lient aux tissus voisins et permet d'obtenir des filaments textiles.

D'autres plantes fournissent des fibres tirées des feuilles : le sisal (Agave sisalana) et l'abaca (Musa textilis), utilisés pour la corderie au sens propre, cordages, ficelles et tapis. Le jute (Corchorus) donne, lui, une fibre de tige employée pour la toile de sac.

Questions fréquentes sur les cordes végétales

Pourquoi parle-t-on de « cordes » dans une feuille ?

Parce que les fibres de sclérenchyme forment des faisceaux longs et résistants qui se comportent comme de petites cordes : la feuille se déchire autour d'eux, eux restent entiers.

Les cordes sont-elles des vaisseaux qui transportent la sève ?

Non. Elles accompagnent souvent les vaisseaux, mais les fibres elles-mêmes sont des cellules mortes qui servent uniquement au soutien.

Peut-on manger les parties riches en cordes ?

Oui pour les légumes courants comme le poireau, la rhubarbe ou le céleri, mais ces fibres restent coriaces : on les retire à l'épluchage ou on émince finement dans le sens de la largeur.

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