Une corolle ou un calice est dit anisolobé quand ses lobes sont de tailles inégales. Ce caractère s'accompagne le plus souvent d'une symétrie bilatérale (zygomorphie) de la fleur, par opposition à la fleur isolobée, aux lobes égaux et en général actinomorphe. Le terme vient du grec anisos (inégal) et lobos (lobe).
Lien avec la zygomorphie
Les fleurs anisolobées sont généralement zygomorphes : elles ne possèdent qu'un seul plan de symétrie (symétrie bilatérale). C'est le cas chez les Lamiaceae (Salvia, Lamium), les Scrophulariaceae et les Fabaceae (pétale étendard plus grand que les ailes). La zygomorphie est souvent associée à des pollinisateurs qui abordent la fleur toujours par le même côté pour atteindre le nectar.
Comment reconnaître une fleur anisolobée
Il suffit d'observer la fleur de face et de comparer les lobes entre eux, qu'il s'agisse des pétales soudés d'une corolle ou des sépales d'un calice :
- Corolle à deux lèvres (bilabiée) : chez le lamier ou la sauge, la lèvre supérieure forme un casque et la lèvre inférieure, plus large, sert de piste d'atterrissage aux insectes.
- Corolle papilionacée : chez le pois ou la vesce, un grand étendard domine deux ailes latérales et une carène qui enveloppe les étamines.
- Pétale ou tépale différencié : chez la violette, le pétale inférieur porte un éperon ; chez les orchidées, le labelle se distingue nettement des autres tépales.
Le caractère peut ne concerner que le calice : un calice anisolobé porte des dents inégales alors que la corolle paraît presque régulière. Il faut donc examiner les deux verticilles séparément avant de conclure.
Valeur évolutive et diagnostique
L'anisolobie est l'un des caractères floraux les plus utilisés dans les clés de détermination, car il est visible immédiatement de face. Elle est associée à des adaptations de pollinisation précises et à des coévolutions avec des insectes ou des oiseaux. Des familles où les fleurs anisolobées dominent, comme les Orchidaceae et les Fabaceae (sous-famille des Papilionoideae), comptent parmi les plus riches en espèces des angiospermes.
Anisolobé, isolobé, zygomorphe : bien distinguer les termes
Anisolobé et zygomorphe, est-ce la même chose ?
Non. Anisolobé décrit la taille inégale des lobes ; zygomorphe décrit la symétrie de la fleur entière. Les deux vont très souvent ensemble, mais le premier terme porte sur un organe précis (corolle ou calice), le second sur l'ensemble de la fleur.
Quel est le contraire d'anisolobé ?
Le contraire est isolobé : tous les lobes ont la même taille, comme chez la pervenche ou le myosotis, dont la corolle présente une symétrie rayonnante.

















