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Hortus botanique

130210 bistélique : les bases

Un organe végétal est dit bistélique (on dit aussi distélique) quand sa tige contient deux stèles, c'est-à-dire deux cylindres vasculaires distincts. On l'oppose à l'organe monostélique, qui n'en a qu'une, et à l'organe polystélique, qui en compte plusieurs. La stèle est l'ensemble formé par les tissus conducteurs (phloème et xylème) et le parenchyme qui leur est associé, délimité vers l'extérieur par le péricycle et l'endoderme.

Comment reconnaître une tige bistélique

Sur une coupe transversale de la tige observée au microscope, on repère deux massifs conducteurs séparés, chacun avec son xylème au centre entouré de phloème. Chez une tige monostélique, la même coupe ne montre qu'un seul massif central. Le caractère se lit donc sur l'anatomie interne, et non sur l'aspect extérieur de la plante.

Exemples botaniques

Le cas le plus cité en cours de botanique est celui des sélaginelles (genre Selaginella, une lycophyte) : le nombre de stèles y varie selon l'espèce. Selaginella spinulosa est monostélique, Selaginella kraussiana est distélique, et Selaginella laevigata est polystélique, selon le support de cours d'anatomie végétale de la DAV University. Dans la tige distélique de la sélaginelle, chaque stèle est de type protostèle et reste suspendue au centre d'une lacune par des trabécules, des cellules de l'endoderme très allongées radialement.

Certaines fougères et Lycopodiales présentent aussi une distélie, où les stèles se développent côte à côte dans la tige. Ce caractère est important en paléobotanique pour restituer l'anatomie des plantes vasculaires fossiles : l'organisation de la stèle (protostèle, actinostèle, siphonostèle) permet d'identifier les groupes et de suivre leur évolution sur 400 millions d'années de fossiles.

Les principaux types de stèles

Type de stèleOrganisationExemple
ProtostèleCylindre plein : xylème au centre, entouré de phloème, sans moelleTige de Selaginella spinulosa
ActinostèleProtostèle dont le xylème forme des bras rayonnants en étoileLycopodiales
SiphonostèleCylindre creux entourant une moelleTige de Selaginella laevigata
DictyostèleSiphonostèle découpée en faisceaux par les départs de feuillesNombreuses fougères
EustèleFaisceaux séparés disposés en cercle autour de la moelleTige des plantes à fleurs

Signification phylogénétique

La transition entre la stèle primitive (protostèle, cylindre plein) et des stèles plus évoluées (dictyostèle des fougères, eustèle des angiospermes) est l'un des grands axes de l'évolution des plantes vasculaires. La bistélie est souvent interprétée comme un état intermédiaire ou une anomalie de développement dans certains contextes ; chez les sélaginelles, elle constitue au contraire un caractère stable, propre à certaines espèces.

Questions fréquentes sur la bistélie

Bistélique et distélique, est-ce la même chose ?

Oui. Les deux termes désignent une tige qui possède deux stèles distinctes ; « distélique » est la forme la plus employée dans les manuels d'anatomie végétale.

Les plantes à fleurs sont-elles bistéliques ?

Non. La tige des angiospermes possède en général une eustèle, faite de faisceaux disposés en cercle autour de la moelle ; la bistélie se rencontre surtout chez des lycophytes comme les sélaginelles et chez certaines fougères.

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