Agastache anethiodora est l'ancien nom de l'hysope anisée, aujourd'hui appelée Agastache foeniculum. Cette vivace de la famille des lamiacées se reconnaît à son parfum d'anis quand on froisse ses feuilles et à ses épis bleu-violet, parmi les plus visités par les abeilles en été.
Agastache anethiodora (Nutt.) Britton est un synonyme de Agastache foeniculum (Pursh) Kuntze (Lamiacées), l'hysope anisée ou agastache fenouil. Originaire des prairies d'Amérique du Nord centrale, elle est cultivée comme plante aromatique et mellifère dans les jardins européens.
Description
Vivace de 60 à 100 cm aux tiges carrées typiques des Lamiacées. Les feuilles, ovales dentées, dégagent en les froissant une odeur anisée intense. Les épis terminaux denses, bleu-violet, s'épanouissent de juillet à septembre.
Le revers des feuilles est souvent plus clair, presque blanchâtre, ce qui aide à la distinguer de l'agastache rugueuse d'Asie, à l'odeur voisine mais au feuillage plus vert. Les deux sont parfois confondues dans le commerce, et les nombreux hybrides horticoles brouillent encore les pistes.
Intérêt apicole
Considérée comme l'une des meilleures plantes mellifères d'Amérique du Nord, elle attire aussi les papillons, les sphinx et les bourdons. Les feuilles séchées parfument les thés et les infusions.
Cultiver l'hysope anisée au jardin
Elle aime le plein soleil et les sols légers, bien drainés, même pauvres. Les terres lourdes qui restent mouillées l'hiver lui sont fatales, davantage que le froid. Le semis se fait au printemps, en godets, les graines fines étant à peine recouvertes ; les plants rejoignent le jardin une fois les gelées passées. En place, la plante se ressème volontiers, ce qui compense une durée de vie assez courte : beaucoup de pieds s'épuisent au bout de quelques saisons.
Laisser les tiges sèches en place jusqu'à la fin de l'hiver protège la souche et offre des graines aux oiseaux. On les rabat au printemps, quand les nouvelles pousses apparaissent à la base.
Usages en cuisine et en infusion
Les feuilles fraîches ou séchées se prêtent aux tisanes, aux salades de fruits et aux desserts, auxquels elles donnent une note proche de la réglisse. Les fleurs, comestibles, décorent les assiettes. Comme pour toute plante aromatique cueillie au jardin, il faut être certain de l'identification et s'abstenir en cas de grossesse ou de traitement médical sans avis d'un professionnel de santé.
Les noms de l'agastache anisée
Le nom d'espèce foeniculum renvoie au fenouil, et l'ancien nom anethiodora à l'odeur d'aneth : deux manières de décrire le même parfum. La fiche consacrée à Agastache anisata traite d'un autre synonyme rencontré dans les catalogues.
Au jardin des pollinisateurs, elle fleurit en même temps que l'orpin remarquable 'Rosenteller', qui prolonge la saison jusqu'à l'automne. Les autres vivaces dont le nom commence par cette lettre se trouvent parmi les fiches des plantes du genre A.
Une vivace de prairie au jardin
Dans son milieu d'origine, l'hysope anisée pousse parmi les graminées des prairies, sur des sols profonds mais bien drainés, exposés au plein soleil. Au jardin, elle trouve naturellement sa place dans les massifs d'inspiration naturaliste, mêlée à des échinacées, des rudbeckias et des graminées légères. Sa silhouette verticale apporte du rythme à ces plantations, et ses épis restent décoratifs même une fois fanés, quand ils prennent une teinte brune.
Elle se cultive aussi en grand pot sur une terrasse ensoleillée, à condition d'utiliser un terreau drainant et de ne pas laisser d'eau stagner dans la soucoupe. En pot, la plante est plus exposée au froid : un abri contre un mur en hiver améliore ses chances de repartir au printemps.
Récolter et sécher les feuilles
Les feuilles se récoltent au fil de l'été, de préférence le matin, une fois la rosée évaporée. On coupe des tiges entières que l'on suspend tête en bas, en petits bouquets, dans un endroit sec, sombre et aéré. Une fois cassantes, les feuilles se détachent et se conservent dans un bocal fermé, à l'abri de la lumière, qui altère leur parfum. Cueillir quelques tiges stimule par ailleurs la ramification et la formation de nouveaux épis.

















