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Hortus botanique

Le sérapias velu de Reichenbach, une orchidée des pelouses méditerranéennes

Planche botanique stylisée de Serapias hirsuta var. reichenbachiana, famille des Orchidacées

Serapias hirsuta var. reichenbachiana est une variété de sérapias, orchidée terrestre du pourtour méditerranéen reconnaissable à son long labelle velu en forme de langue. Elle fleurit au printemps dans les pelouses sèches et les garrigues ouvertes.

Serapias hirsuta var. reichenbachiana est une variété du sérapias velu (Orchidacées), dédiée à Heinrich Gustav Reichenbach. Les sérapias sont des orchidées méditerranéennes remarquables par leur labelle en langue allongée qui forme un abri thermique utilisé par certains insectes pour dormir la nuit, un mode de pollinisation par abri.

Reichenbach fils fut l'un des grands spécialistes des orchidées du XIXe siècle : de nombreuses espèces et variétés portent son nom. Dans le genre Serapias, les variétés et formes décrites sont nombreuses et leur valeur est discutée, car les plantes varient beaucoup et s'hybrident facilement entre elles.

Description

Le labelle long et velu (d'où hirsuta) est brun-rouge foncé à brun pourpre. Le casque formé par les sépales et pétales est gris-rose. Floraison en avril-mai dans les pelouses, garrigues et lisières thermophiles du bassin méditerranéen.

La fleur de sérapias se lit en deux parties. Le casque, formé par les sépales soudés en capuchon, couvre la base du labelle. Le labelle lui-même se divise en une partie basale cachée sous le casque et une partie terminale pendante, la « langue », qui donne leur allure si particulière aux sérapias. Les fleurs, disposées en épi lâche au sommet d'une tige feuillée, s'ouvrent progressivement du bas vers le haut.

Comment le sérapias attire ses pollinisateurs

Les sérapias ne produisent pas de nectar. Leur stratégie repose sur l'abri : le tube formé par le casque et la base du labelle reste un peu plus chaud que l'air extérieur au petit matin et le soir. Des abeilles solitaires, souvent des mâles, s'y glissent pour passer la nuit ou se protéger d'une averse. En ressortant, elles emportent sur la tête les pollinies, ces petites masses de pollen collantes, qu'elles déposeront dans une autre fleur.

Ce mécanisme diffère de celui des ophrys, qui trompent les insectes mâles en imitant l'odeur et l'apparence d'une femelle. Chez les sérapias, l'insecte trouve un vrai service, un gîte. Cette relation explique en partie la fréquence des hybrides : un même insecte peut visiter successivement plusieurs espèces de sérapias qui fleurissent côte à côte.

Habitat

Cette orchidée fréquente les pelouses calcaires sèches et les pelouses sur boulbènes méditerranéennes. Elle est sensible au surpâturage et à la fermeture des milieux ouverts.

Les boulbènes, sols limoneux du Sud-Ouest qui se tassent et deviennent humides en hiver puis secs en été, accueillent plusieurs sérapias. Quand une pelouse n'est plus pâturée ni fauchée, les arbustes s'installent et l'ombre fait disparaître les orchidées de lumière. À l'inverse, un pâturage trop intense piétine et broute les hampes avant la fructification. Une gestion douce, avec une fauche tardive après la floraison, leur est le plus favorable.

Identifier un sérapias sans se tromper

Distinguer les espèces et variétés de sérapias demande d'observer plusieurs détails : la taille et la couleur du labelle, sa pilosité, la forme des callosités à sa base et la longueur des bractées par rapport au casque. Les photos d'une seule fleur ne suffisent pas toujours ; mieux vaut noter l'ensemble de l'épi et le milieu. D'autres orchidées de la base, comme la variété reichenbachii du dactylorhize incarnat, montrent d'ailleurs combien le nom de Reichenbach revient dans la nomenclature des orchidées.

Observer sans cueillir

Comme toutes les orchidées, les sérapias figurent à l'annexe II de la CITES, qui encadre leur commerce international, et plusieurs espèces sont protégées en France selon les régions. Elles vivent en association avec des champignons du sol et ne survivent pas à une transplantation au jardin. On les photographie sur place, en restant sur les sentiers pour ne pas piétiner les rosettes. Pour situer cette variété parmi les autres plantes de la base, l'index des fiches des genres en S rassemble les sérapias et leurs voisins alphabétiques.

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