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Hortus botanique

Asteromenia : le genre d'algues rouges en étoile

Planche botanique stylisée d’Asteromenia

Asteromenia est un genre d'algues rouges marines rangé parmi les Rhodymeniales, dont les thalles plats et membraneux se fixent sur les fonds rocheux et coralliens des mers chaudes. Sa délimitation repose de plus en plus sur l'ADN plutôt que sur la seule forme des frondes.

Asteromenia est un genre d'algues rouges (Rhodophyta) aux thalles aplatis et membraneux, décrit dans les eaux côtières tropicales et subtropicales. La composition exacte du genre et sa position dans la classification des Rhodophyta dépendent des révisions systématiques en cours.

Le nom du genre évoque une étoile : chez plusieurs espèces, la fronde rayonne autour de son point de fixation, à la manière d'un disque découpé ou d'une rosette. L'espèce la mieux connue, Asteromenia peltata, aux frondes en bouclier, illustre cette silhouette : une lame arrondie portée en son centre par un court pied, comme un parasol miniature posé sur la roche.

Thalles membraneux

Les algues à thalle aplati et membraneux forment un groupe morphologiquement divers. La convergence d'adaptation est fréquente : des groupes phylogénétiquement très distincts ont indépendamment évolué vers des frondes aplaties adaptées à la photosynthèse dans les milieux côtiers.

Pour l'observateur, cette convergence a une conséquence directe : deux algues rouges qui se ressemblent à l'œil nu peuvent appartenir à des familles éloignées. La forme générale du thalle, sa couleur et sa consistance orientent l'identification, mais elles ne suffisent pas. Les phycologues examinent des coupes fines au microscope pour suivre l'organisation des cellules, de la couche externe, le cortex, vers la partie centrale, la médulla, et décrivent la structure des organes reproducteurs, qui reste le critère le plus fiable entre familles.

Ce qui fait d'Asteromenia une algue rouge

Comme toutes les Rhodophyta, Asteromenia doit sa teinte à des pigments accessoires, les phycobiliprotéines, et en particulier à la phycoérythrine, qui masque le vert de la chlorophylle. Ces pigments captent la lumière bleue et verte, celle qui pénètre le plus loin dans l'eau de mer : c'est une des raisons pour lesquelles beaucoup d'algues rouges prospèrent dans des endroits peu éclairés, sous les surplombs, dans les failles ou sur des fonds plus profonds que ceux des algues vertes.

Les algues rouges stockent leurs réserves sous la forme d'un amidon particulier, dit floridéen, et ne produisent à aucun stade de cellules nageuses munies de flagelles. Ces deux traits, avec les pigments, les séparent nettement des algues brunes et des algues vertes, même quand la couleur réelle du thalle tire sur le brun ou le violacé.

Apport des données moléculaires

L'utilisation des marqueurs moléculaires (ARN ribosomal, rbcL, COI) a révolutionné la systématique des algues rouges depuis les années 1990. De nombreux genres anciens ont été révisés, scindés ou synonymisés.

Les Rhodymeniales ont été particulièrement concernées par ces travaux. Des algues longtemps réunies sous un même nom parce qu'elles partageaient une fronde plate et charnue se sont révélées appartenir à des lignées distinctes, et plusieurs genres ont été créés pour les accueillir. Asteromenia fait partie de ces genres définis à la lumière des séquences génétiques autant que de l'anatomie, ce qui explique que sa composition évolue au fil des publications.

Un cycle de vie en trois générations

Les algues rouges du groupe des Florideophyceae, auquel appartiennent les Rhodymeniales, suivent en général un cycle à trois phases. Des gamétophytes mâles et femelles produisent les gamètes ; après la fécondation, une petite génération, le carposporophyte, se développe sur la plante femelle et libère des carpospores. Celles-ci donnent un tétrasporophyte, souvent semblable d'aspect au gamétophyte, qui produit à son tour des tétraspores, d'où naissent de nouveaux gamétophytes.

Ce cycle a une conséquence pratique pour l'identification : un même échantillon ne montre généralement qu'un type d'organes reproducteurs. Il faut parfois comparer plusieurs récoltes, à des saisons différentes, pour réunir tous les caractères décrits dans la littérature.

Observer et nommer une algue de ce genre

Sur le terrain, en plongée ou à marée basse dans les régions tropicales, une fronde rouge, plate et rayonnante attire l'attention, mais le nom de genre ne peut être confirmé qu'en laboratoire. Une photographie de l'algue en place, une note sur la profondeur et le support, puis un échantillon conservé à sec ou en solution permettent aux spécialistes de travailler. Les noms acceptés, les synonymes et les répartitions connues sont recensés dans AlgaeBase, la base de données de référence pour les algues.

D'autres algues rouges de la base botanique offrent des points de comparaison utiles, comme Actinotrichia, un genre calcifié des récifs tropicaux, dont le thalle durci par le calcaire n'a rien de membraneux. La liste complète des fiches botaniques des plantes du genre A rassemble les autres taxons dont le nom commence par cette lettre.

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