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Hortus botanique

Acropogon fatsioides, l'acropogon à feuilles de fatsia

Planche botanique stylisée d’Acropogon fatsioides, famille des Malvacées

Acropogon fatsioides est un arbuste ou petit arbre de la famille des Malvacées, propre à la Nouvelle-Calédonie. Son nom d'espèce rappelle ses grandes feuilles découpées comme celles du fatsia, et il illustre la richesse d'une flore insulaire où l'endémisme est la règle.

Acropogon fatsioides (Vieill.) Morat (Malvacées, sous-famille Sterculioideae) est un arbuste ou petit arbre endémique de Nouvelle-Calédonie. Son épithète fatsioides (ressemblant à un fatsia) décrit ses grandes feuilles palmatilobées qui évoquent celles du fatsia ou d'un Aralia.

Lire le nom scientifique

Le nom complet raconte l'histoire de l'espèce. La mention entre parenthèses désigne Eugène Vieillard, un des premiers collecteurs de plantes calédoniennes, qui avait décrit la plante sous un autre genre ; Philippe Morat, botaniste spécialiste de cette flore, l'a ensuite transférée dans le genre Acropogon. Cette double signature est la règle du code de nomenclature quand une espèce change de genre.

L'épithète, elle, compare la plante au fatsia, un arbuste ornemental d'Asie de la famille des Araliacées. La ressemblance tient seulement aux feuilles : les deux plantes ne sont pas parentes.

Description

Arbuste de 2 à 6 m aux feuilles amples pouvant dépasser 30 cm, palmatilobées en 5-7 lobes. Les fleurs sont typiques des Sterculioideae : petites, groupées en cymes. Les graines sont enveloppées dans un arille charnu.

De grandes feuilles lobées sur un arbuste de sous-bois ne sont pas un hasard : une surface foliaire étendue capte mieux la lumière tamisée des forêts denses. Les fleurs, discrètes, se remarquent moins que le feuillage, ce qui rend souvent l'identification difficile sur le terrain sans fleurs ni fruits.

L'arille qui entoure les graines joue souvent un rôle dans leur dispersion : charnu et parfois coloré, il attire les oiseaux qui emportent la graine loin de la plante mère. Ce mode de dispersion est fréquent dans les forêts tropicales humides, où le vent circule peu sous la canopée.

Une sous-famille aux parents connus

Les Sterculioideae, autrefois traitées comme une famille à part, les Sterculiacées, sont aujourd'hui intégrées aux Malvacées, comme les mauves, les hibiscus ou les tilleuls. Elles comptent des genres plus familiers : les Sterculia des régions tropicales, les Brachychiton australiens et les colatiers d'Afrique, dont la noix de cola a donné son nom à une boisson. Le genre Acropogon représente la branche calédonienne de ce groupe.

Endémisme calédonien

Le genre Acropogon est exclusivement endémique de Nouvelle-Calédonie et comprend une vingtaine d'espèces. Il fait partie de la riche flore sterculiacée calédonienne, élément important des forêts humides de versants ombragés.

L'archipel est isolé depuis très longtemps et une grande partie de son sol repose sur des roches ultramafiques, riches en métaux et pauvres en éléments nutritifs. Ces conditions ont favorisé l'apparition d'espèces qu'on ne trouve nulle part ailleurs, souvent cantonnées à un massif ou à une vallée. Beaucoup sont menacées par les feux, les défrichements et l'exploitation minière, ce qui fait de leur inventaire un enjeu de conservation.

Peut-on le cultiver ?

Hors de son île, ce type d'arbuste ne se rencontre guère qu'en serre tropicale de jardin botanique ou de collection scientifique. Il n'appartient pas au commerce horticole courant : pour le plaisir des grandes feuilles découpées, les jardiniers se tournent plutôt vers le fatsia ou les aralias. D'autres espèces au feuillage marquant figurent dans la base, comme l'adélie à grandes feuilles, une Euphorbiacée tropicale, et l'ensemble des fiches se parcourt depuis les plantes du genre A.

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