Le chénopode dressé, Chenopodium strictum subsp. strictum, est une plante annuelle des friches et des voies ferrées, arrivée d'Asie centrale. Il se distingue du chénopode blanc par des feuilles plus étroites, peu farineuses, et des tiges souvent rougeâtres.
Chenopodium strictum subsp. strictum (Amaranthaceae, anciennement Chénopodiacées) est une adventice annuelle originaire d'Asie centrale, signalée depuis le XXᵉ siècle en Europe où elle colonise les terrains remaniés, dépôts ferroviaires et friches urbaines.
Description
La plante est dressée, de 40 à 100 cm, très ramifiée. Les tiges souvent rougeâtres portent des feuilles lancéolées à faiblement rhomboïdales, à peine farineuses. Les fleurs, minuscules, sont groupées en épis terminaux denses.
Comme chez tous les chénopodes, la fleur n'a pas de pétales colorés : elle se réduit à un périanthe verdâtre qui enveloppe la graine. Le fruit contient une graine noire et luisante, très petite, produite en grande quantité. C'est cette abondance qui permet à l'espèce de s'installer durablement là où le sol est régulièrement remué.
Où le rencontrer
Le chénopode dressé fait partie des plantes dites rudérales : il profite des sols nus, riches en azote et souvent perturbés. Les gares de triage, les ports, les remblais et les chantiers lui conviennent, car les graines voyagent avec les marchandises et les engins. Il apparaît aussi dans les cultures sarclées, en bordure de champ, et dans les terrains vagues des villes.
Sa présence varie beaucoup d'une région à l'autre : commun dans certaines zones industrielles, il reste absent ou passe inaperçu ailleurs, d'autant qu'on le prend facilement pour une forme maigre du chénopode blanc.
Confusion possible
Elle ressemble à Chenopodium album (le chénopode blanc commun) mais s'en distingue par ses feuilles moins farineuses, plus étroites, et ses tiges plus grêles et rougeâtres.
Pour trancher, on observe les feuilles du milieu de la tige plutôt que celles du sommet, qui varient beaucoup. Chez le chénopode dressé, elles sont plus longues que larges, à bords presque entiers ou finement dentés, et leur face inférieure garde un aspect vert plutôt que blanchâtre. La forme de l'inflorescence, en épis serrés et dressés, complète l'examen. Le genre compte d'autres taxons proches, comme Chenopodium concatenatum subsp. striatiforme, dont la détermination demande la même attention aux feuilles.
Une sous-espèce parmi d'autres
Le rang de sous-espèce sert à distinguer, au sein d'une même espèce, des populations qui diffèrent par quelques caractères stables et par leur répartition. La mention « subsp. strictum » désigne la forme type, celle qui porte le nom décrit en premier. Les flores ne s'accordent pas toujours sur ces découpages fins, et certaines traitent le chénopode dressé comme une simple variation d'un groupe plus large.
Une famille aux frontières mouvantes
Les chénopodes étaient autrefois rangés dans une famille à part, les Chénopodiacées. Les classifications fondées sur l'ADN les ont réunis aux amarantes, dans la famille des Amaranthaceae, ce qui rapproche ce chénopode d'adventices comme l'amarante Amaranthus blitum subsp. ascendens. Les autres plantes de cette lettre sont rassemblées dans les fiches botaniques du genre C.
Pour le jardinier, l'espèce n'a pas d'intérêt ornemental : c'est une adventice que l'on arrache avant la montée en graines. Pour le botaniste, elle illustre la manière dont les transports ont redistribué la flore des milieux perturbés à travers les continents.

















