Agrostis coarctata subsp. syreitchekowii est une sous-espèce de graminée rattachée à l'agrostide contractée. Son nom résume ce que l'on sait d'elle : une panicule resserrée après la floraison et un hommage à un botaniste russe connu pour sa flore de la région de Moscou.
Agrostis coarctata subsp. syreitchekowii (Tzvelev) est une sous-espèce de graminée appartenant au genre Agrostis (Poacées). L'épithète spécifique coarctata (contractée) décrit la panicule resserrée et légèrement étroite de l'espèce, à la différence des agrostides à panicule très lâche.
Agrostis coarctata ou Agrostis vinealis ?
Le nom Agrostis coarctata est aujourd'hui le plus souvent traité comme un synonyme d'Agrostis vinealis, l'agrostide des sables, selon les grands référentiels de nomenclature comme Plants of the World Online, tenu par les jardins botaniques de Kew. Les flores anciennes et plusieurs bases régionales gardent pourtant l'ancien nom. Une même plante peut donc apparaître sous deux appellations, et une recherche documentaire sérieuse passe par les deux avant de conclure qu'une information manque.
Le rang de sous-espèce désigne une population qui se distingue du type par quelques caractères stables, souvent associés à une aire géographique propre, sans former une espèce à part entière. Ce rang n'est jamais figé : un taxon décrit comme espèce peut être ramené au rang de sous-espèce, puis de simple variété, au fil des révisions morphologiques et génétiques.
Dédicace
La sous-espèce est dédiée à Dmitri Petrovitch Syreitchekow (1868-1932), botaniste russe, auteur d'une importante flore de la région de Moscou.
Les épithètes formées sur un nom de personne, terminées ici en -ii, sont courantes en botanique : elles honorent un collecteur, un descripteur ou un spécialiste de la flore concernée. La transcription des noms russes en alphabet latin varie d'un ouvrage à l'autre, ce qui explique les graphies voisines rencontrées pour ce même nom selon les sources.
Comment reconnaître une agrostide à panicule contractée
Les agrostides sont des graminées fines dont les épillets, minuscules, ne contiennent qu'une seule fleur. Sur le terrain, la forme de la panicule donne le premier indice : chez les plantes du groupe de l'agrostide des sables, elle s'ouvre pendant la floraison puis se referme, prenant un aspect étroit et dense. L'examen de la ligule, cette petite membrane placée à la jonction de la gaine et du limbe, et la présence de rhizomes ou de stolons complètent l'identification.
Séparer deux sous-espèces demande presque toujours une loupe et une clé de détermination régionale. Les différences tiennent à des détails : longueur de la ligule, présence d'une arête sur la glumelle, rugosité des rameaux de la panicule. Une détermination faite sur une simple photographie reste incertaine à ce niveau. Pour comparer, la fiche de la sous-espèce trinii présente un autre taxon du même groupe, et celle de l'agrostide capillaire montre une espèce à panicule lâche, très répandue dans les prairies.
Habitat
L'agrostide des sables, à laquelle ce taxon se rattache, est connue des sols pauvres, sableux et plutôt secs : landes, pelouses ouvertes, lisières et clairières. Les données précises sur l'écologie propre à cette sous-espèce restent rares dans les ouvrages courants ; les flores régionales qui la traitent sont la meilleure source pour savoir où la chercher.
Pourquoi le genre Agrostis compte tant de sous-espèces
Le genre est réputé difficile. Ses espèces s'hybrident volontiers entre elles, plusieurs existent sous des formes polyploïdes, et une même espèce varie beaucoup selon le sol, l'altitude ou le pâturage. Les botaniques nationales ont ainsi nommé de nombreuses sous-espèces et variétés, dont une partie a depuis été fondue dans des espèces plus larges. Lire une fiche de sous-espèce, c'est souvent lire l'histoire d'une interprétation autant que la description d'une plante.
Ces graminées n'ont pas d'usage ornemental marqué. Leur intérêt est écologique : elles couvrent les sols maigres, retiennent le sable et abritent une petite faune d'insectes. Les autres agrostides de la base se retrouvent parmi les fiches botaniques des plantes du genre A.

















