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Hortus botanique

Alchemilla hybrida subsp. fulgens : l'alchémille brillante des prairies d'altitude

Planche botanique stylisée d’Alchemilla hybrida subsp. fulgens, famille des Rosaceae

Alchemilla hybrida subsp. fulgens est une alchémille de montagne, dont les feuilles soyeuses brillent sous les gouttes d'eau qu'elles retiennent au petit matin. On la rencontre dans les prairies humides et les bords de ruisseaux des Alpes et des Pyrénées.

Alchemilla hybrida subsp. fulgens est une sous-espèce d’alchémille (Rosaceae) des prairies alpines et subalpines. Son épithète fulgens (brillant) décrit le lustre soyeux de ses feuilles, accentué par les gouttelettes d’eau retenues dans les replis foliaires, phénomène appelé guttation.

Description

Les feuilles sont palmatilobes en 7 à 9 lobes dentés, soyeuses à la face inférieure. Les petites fleurs verdâtres, sans pétales, sont groupées en cymes lâches. La plante forme des touffes denses de 15 à 35 cm.

Habitat

Elle pousse dans les prairies humides de montagne, en lisière de forêt et le long des ruisseaux d’altitude, principalement dans les Alpes et les Pyrénées entre 1000 et 2400 m.

Rosée ou guttation ?

Les gouttes qui perlent au bord des feuilles d'alchémille ne viennent pas toutes de la rosée. La nuit, quand le sol est humide et que la plante transpire peu, la pression de la sève pousse l'eau hors de pores spécialisés situés au bout des dents de la feuille : c'est la guttation. La rosée, elle, se dépose sur toute la surface. La tradition populaire attribuait à cette eau recueillie dans les feuilles des vertus particulières, et les alchimistes la cherchaient, dit-on, d'où le nom du genre.

Un genre difficile à démêler

La plupart des alchémilles produisent des graines sans fécondation, un mode de reproduction appelé apomixie. Chaque lignée se reproduit alors à l'identique, ce qui a donné naissance à une multitude de formes très proches, décrites comme espèces ou sous-espèces selon les auteurs. Les caractères retenus pour les séparer sont fins :

  • la pilosité des feuilles, des pétioles et des tiges, et le sens des poils ;
  • la profondeur des lobes et la forme de leurs dents ;
  • la teinte du feuillage, plus ou moins argentée ou luisante.

Une loupe de terrain et une plante entière, fleurs comprises, sont nécessaires pour avancer dans une identification ; une simple feuille ne suffit pas toujours.

Cultiver une alchémille de montagne

Au jardin, cette sous-espèce demande ce que lui offre la montagne : une terre fraîche, humifère, qui ne sèche pas l'été, et une exposition claire mais sans chaleur excessive. En plaine, une mi-ombre au pied d'un mur exposé à l'est ou au bord d'un bassin lui convient mieux qu'un massif brûlant. La plante se divise au printemps, ou se ressème seule si l'on laisse mûrir les fleurs. Elle accompagne bien les fougères, les géraniums vivaces et les graminées en bordure humide.

Les vieilles feuilles abîmées se coupent à la fin de l'été pour laisser place à une nouvelle pousse. La plante ne réclame ni engrais ni traitement ; seules les limaces s'intéressent parfois aux jeunes feuilles au printemps. Une touffe bien installée vit plusieurs années au même endroit, à condition de ne jamais manquer d'eau pendant les étés secs.

Pour comparer, la base décrit l'alchémille des Alpes, Alchemilla alpina, aux feuilles découpées jusqu'à la base, et Alchemilla obovalis, à folioles obovales. Les autres fiches de la même lettre se trouvent parmi les plantes du genre A.

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