Aleuritia farinosa est le nom, au rang de genre séparé, de la primevère farineuse, Primula farinosa. Cette petite primevère se reconnaît à la poudre blanche qui couvre le dessous de ses feuilles et à ses fleurs roses marquées d'un œil jaune, dans les prés humides et les bas-marais.
Aleuritia farinosa est un taxon décrit au rang d'espèce ou rattaché à la section Aleuritia du genre Primula (Primulaceae). La section regroupe des primevères de haute montagne caractérisées par une farine blanche (farinosité) recouvrant feuilles et pétales, d'où le nom farinosa.
Description
Ces primevères forment des rosettes basales de feuilles spatulées, recouvertes d'un enduit farineux blanc-jaunâtre. Les fleurs roses à lilas, portées par une hampe grêle, s'épanouissent en été sur les pelouses et les bords de ruisseaux d'altitude.
La poudre blanche, surtout dense au revers des feuilles et sur la hampe, est produite par de minuscules poils glanduleux. Les fleurs sont groupées en ombelle au sommet de la tige ; chacune porte une corolle à cinq lobes échancrés et une gorge jaune qui guide les insectes vers le nectar. Comme beaucoup de primevères, l'espèce présente deux types de fleurs selon les pieds, à style long ou à style court, disposition qui favorise la pollinisation croisée.
Les plantes avec lesquelles on la confond
Dans les Alpes, d'autres petites primevères roses fleurissent dans les mêmes milieux. La farine blanche des feuilles et l'œil jaune bien marqué orientent vers la primevère farineuse. Les orchidées des prés humides, comme les dactylorhizes, partagent parfois ses stations et ses couleurs, mais leur fleur irrégulière à labelle ne laisse pas de doute à qui regarde de près.
Répartition
Le groupe Aleuritia est circumpolaire : on trouve des espèces apparentées dans les Alpes, les Pyrénées, les montagnes Rocheuses et l'Himalaya, toutes liées aux zones humides alpines.
La primevère farineuse elle-même occupe surtout les bas-marais alcalins, les prairies humides sur calcaire et les suintements des pentes, en montagne comme, plus au nord de l'Europe, à basse altitude. Elle a besoin d'un sol constamment frais et d'une végétation rase : l'abandon du pâturage extensif ou de la fauche, qui laisse les hautes herbes l'étouffer, lui est aussi défavorable que le drainage.
Une espèce à respecter
Dans plusieurs régions de plaine, ses populations ont fortement régressé avec la disparition des zones humides, et l'espèce y bénéficie de mesures de protection. Mieux vaut l'admirer et la photographier sur place : la cueillette et l'arrachage sont à proscrire, d'autant qu'elle se cultive mal hors de son milieu. Les jardiniers qui souhaitent une primevère pour un jardin de rocaille humide se tournent vers des plants issus de culture, vendus par des pépiniéristes spécialisés.
Les compagnes des prés d'altitude
Dans les pelouses humides et les bords de ruisseaux de montagne, elle côtoie souvent des laîches, des linaigrettes et des plantes à fleurs plus robustes. Parmi les espèces alpines de la base, la laîche de Bruckner, une Cypéracée alpine illustre les herbes basses de ces milieux, tandis que l'angélique alpine des hauteurs représente les grandes ombellifères des mégaphorbiaies voisines. Sur les pentes plus sèches, l'achillée génépi marque le passage vers les éboulis et les rochers.
Le nom et la classification
Le nom Aleuritia vient du grec aleuron, la farine, en écho à l'enduit qui couvre la plante. La plupart des flores actuelles conservent l'espèce dans le grand genre Primula, sous le nom de Primula farinosa ; le rang de genre Aleuritia apparaît dans certains travaux et bases de données. Les deux noms désignent la même plante, ce qu'il est utile de savoir en consultant des sources d'époques différentes.

















