Filago acaulis est une minuscule plante annuelle de la famille des Astéracées, couverte d'un feutrage blanc et presque dépourvue de tige. Elle pousse sur les sables secs du bassin méditerranéen et passe facilement inaperçue, tant elle reste plaquée au sol.
Filago acaulis (Asteraceae) est une plante annuelle de très petite taille, typique des sables secs et affleurements rocheux du bassin méditerranéen. Son épithète acaulis (sans tige) traduit son port prostré, les capitules étant presque sessiles au ras du sol.
Description
La plante est couverte d'un feutrage laineux blanc-grisâtre qui réduit la déshydratation. Les capitules groupés en têtes globuleuses, chacun contenant quelques fleurs tubuleuses, sont enserrés de bractées scarieuses.
Il faut souvent se mettre à genoux pour l'observer : la rosette de petites feuilles spatulées et les glomérules de capitules forment une sorte de pastille argentée, à peine plus haute que les grains de sable qui l'entourent.
Une stratégie de plante annuelle
Comme beaucoup d'espèces des pelouses sèches méditerranéennes, la cotonnière sans tige est une thérophyte : elle passe la saison défavorable sous forme de graine. Elle germe avec les pluies d'automne ou de fin d'hiver, fleurit au printemps et disparaît avant les fortes chaleurs. Son feutrage laineux et sa petite taille limitent les pertes d'eau pendant ce cycle très court.
Habitat
On la rencontre dans les pelouses psammophiles, les champs laissés en jachère et les talus sableux ouverts du pourtour méditerranéen, notamment en Espagne, en Afrique du Nord et dans les îles grecques.
Elle a besoin de sol nu : l'embroussaillement, le piétinement intense ou l'artificialisation des sables lui font perdre rapidement sa place. Les pelouses où elle pousse abritent souvent d'autres petites annuelles discrètes, de sorte que sa présence signale un milieu ouvert encore préservé.
Ne pas la confondre
Le groupe des cotonnières est réputé difficile. Plusieurs genres très proches, comme Filago, Logfia ou Evax, réunissent des plantes laineuses aux capitules serrés, et leur délimitation a varié d'une flore à l'autre. Selon les ouvrages, le nom Filago acaulis peut ainsi être traité comme un synonyme d'une espèce placée dans un genre voisin. Avant de publier une observation, il est prudent de vérifier le nom retenu dans un référentiel à jour comme TAXREF ou Plants of the World Online.
Sur le terrain, on regarde :
- la présence ou non d'une tige visible sous les glomérules ;
- la forme et la pilosité des bractées qui entourent les capitules ;
- la disposition des feuilles autour des têtes florales.
D'autres petites Astéracées des milieux secs
La famille compte bien d'autres espèces discrètes adaptées aux terrains pauvres. L'anthémide discoïde, dépourvue de ligules, en est un exemple : comme la cotonnière, elle surprend par l'absence des « pétales » qu'on attend d'une marguerite. Les espèces voisines par l'initiale sont réunies dans les fiches botaniques des plantes du genre F.
Photographier sans abîmer
Pour documenter une si petite plante, une photo prise au ras du sol, avec un objet de référence pour l'échelle, vaut mieux qu'une récolte. Une vue de dessus des glomérules et une vue de profil suffisent souvent à un spécialiste pour confirmer le genre.

















