Les Anthocerotales sont l'ordre central des anthocérotes, l'un des trois grands groupes de bryophytes avec les mousses et les hépatiques. On les reconnaît à leur sporophyte en forme de corne dressée, qui s'ouvre en deux valves pour libérer les spores au-dessus d'un thalle vert foncé.
Les Anthocerotales constituent l’ordre central des anthocérotes (Anthocerotophyta), l’un des trois embranchements de bryophytes avec les mousses et les hépatiques. Leur caractère le plus distinctif est le sporophyte en forme de corne dressée qui se déchire en deux valves pour libérer les spores.
Structure
Le gamétophyte est un thalle aplati, vert foncé, souvent lobulé. Chaque cellule ne contient qu’un seul chloroplaste volumineux avec un pyrénoïde, structure associée à la fixation du CO₂ rare chez les plantes terrestres.
Chez les bryophytes, c'est le gamétophyte, la génération qui porte les organes sexuels, qui forme la plante visible et durable. Le sporophyte reste attaché à lui et en dépend pour sa nutrition. La particularité des anthocérotes tient à la croissance de ce sporophyte : une zone située à sa base continue de produire de nouveaux tissus, si bien que la corne s'allonge longtemps et que des spores mûrissent par étapes, du sommet vers la base. Une mousse ou une hépatique, à l'inverse, forme sa capsule d'un seul tenant.
Anthocérote, mousse ou hépatique : comment les distinguer
- Les anthocérotes : thalle aplati, sporophyte en corne verte et allongée, s'ouvrant en deux valves.
- Les hépatiques : thalle ou tiges feuillées, capsule portée par un pédicelle fragile et de courte durée.
- Les mousses : tiges feuillées dressées ou rampantes, capsule au bout d'une soie, souvent fermée par un opercule.
Sur le terrain, le thalle seul ressemble beaucoup à celui de certaines hépatiques, et l'identification reste incertaine tant que les cornes ne sont pas visibles. Les anthocérotes s'observent surtout sur les sols nus et humides : bords de champs, chemins, talus frais et berges.
Elles sont souvent petites, éphémères et discrètes, et passent inaperçues tant que les sporophytes ne se dressent pas au-dessus du thalle. Une loupe de terrain suffit pour voir la corne s'ouvrir en deux valves.
Une association avec les cyanobactéries
Le thalle des anthocérotes abrite des colonies de cyanobactéries logées dans des cavités remplies de mucilage. Ces micro-organismes fixent l'azote de l'air et en font profiter la plante, une symbiose qui rappelle celle d'autres végétaux capables de vivre sur des sols pauvres. Elle apparaît sous forme de petits points sombres dans l'épaisseur du thalle, visibles à la loupe.
Phylogénie
Les anthocérotes sont considérées comme le groupe frère des plantes vasculaires selon plusieurs analyses moléculaires récentes. Elles occupent une position clé pour comprendre la colonisation des terres émergées par les végétaux.
Leur position exacte dans l'arbre des plantes terrestres a longtemps été discutée, et les hypothèses varient selon les jeux de données utilisés. Ce débat explique pourquoi leur chloroplaste unique à pyrénoïde, proche de celui de certaines algues vertes, intéresse autant les chercheurs : c'est un indice sur l'organisation des premières plantes sorties de l'eau. La comparaison avec des plantes vasculaires bien plus récentes, comme un conifère tel qu'Abies amabilis 'Spreading Star', montre le chemin parcouru, du thalle sans vaisseaux au tronc lignifié. D'autres fiches sont réunies dans la liste des plantes du genre A.

















