Arctium × arachnoideum est une bardane hybride, née du croisement spontané entre la grande et la petite bardane. On la reconnaît surtout à ses capitules intermédiaires, dont les bractées crochues sont reliées par un fin tissu blanchâtre évoquant une toile d'araignée.
Arctium × arachnoideum Sennikov & Kurtto est un hybride naturel entre plusieurs espèces du genre Arctium (Asteraceae) : probablement entre A. lappa (grande bardane) et A. minus (petite bardane). Son épithète arachnoideum (aranéeux) désigne les fils blanchâtres qui relient les bractées de l'involucre.
Description
Plante bisannuelle robuste, ressemblant aux espèces parentes. Les capitules de taille intermédiaire sont surmontés de bractées à crochet recouverts d'un tomentum aranéeux caractéristique.
La première année, la plante ne forme qu'une large rosette de feuilles en cœur, molles et grisâtres au revers. La seconde année, elle dresse une tige ramifiée, fleurit en été, mûrit ses fruits puis meurt. Ce cycle explique qu'on la trouve souvent en petites colonies d'âges mélangés.
La distinguer de ses parents
L'identification d'une bardane hybride repose sur une série de caractères intermédiaires, à comparer avec les deux espèces qui poussent généralement à proximité :
- Le pétiole des feuilles basales : il est plein chez la grande bardane et creux chez la petite ; chez l'hybride, il est souvent partiellement creux.
- La taille des capitules : gros et peu nombreux chez A. lappa, petits et serrés le long des rameaux chez A. minus, intermédiaires ici.
- Le duvet de l'involucre : c'est le caractère qui a donné son nom à la plante, plus marqué que chez les parents.
- Le port des inflorescences : en corymbe lâche chez la grande bardane, en grappe chez la petite, de forme variable chez l'hybride.
Aucun de ces critères ne suffit seul. Les botanistes recommandent d'observer plusieurs pieds et de conserver un échantillon d'herbier daté et localisé, accompagné d'une photo de la rosette, avant de valider une donnée.
Habitat
On le trouve dans les milieux nitrophiles : bords de routes, friches, décombres et lisières de forêts, souvent là où les deux espèces parentes cohabitent. Les bractées à crochets assurent une dispersion efficace par épizoochorie : les capitules mûrs s'accrochent au pelage des animaux et aux vêtements des promeneurs, qui les transportent loin de la plante mère.
Ce mécanisme d'accroche est célèbre bien au-delà de la botanique : c'est en observant des capitules de bardane restés pris dans le poil de son chien que l'ingénieur suisse George de Mestral a imaginé la fermeture auto-agrippante.
Une bardane parmi d'autres hybrides
Le genre Arctium s'hybride assez facilement, et plusieurs combinaisons ont reçu un nom. La bardane hybride rare Arctium × debrayi en est un autre exemple. Pour situer l'hybride, il faut aussi bien connaître ses parents, à commencer par la petite bardane, Arctium minus subsp. minus, la plus répandue dans les friches.
Observer et signaler la plante
La meilleure période pour l'observer va de la fin de l'été au début de l'automne, quand les capitules sont formés et que l'involucre montre bien son duvet. Les observations peuvent être transmises aux conservatoires botaniques ou aux réseaux de sciences participatives, qui précisent la répartition encore mal connue de nombreux hybrides. Le genre complet est présenté dans les fiches des plantes du genre A.

















