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Hortus botanique

Plantes colonisatrices, ces espèces qui gagnent du terrain

Planche botanique stylisée de Plantes colonisatrices

Une plante colonisatrice est une espèce capable d'occuper très vite un espace libre, par ses graines, ses tiges souterraines ou ses rejets. Indigène ou introduite, elle n'est pas forcément nuisible, mais elle demande au jardinier une vigilance particulière.

Des plantes qui s'étendent

Certaines plantes, indigènes ou introduites, occupent rapidement l'espace disponible grâce à leurs graines abondantes, leurs rhizomes ou leurs rejets. Au jardin comme dans les milieux naturels, elles peuvent étouffer les autres espèces.

Colonisatrice ou invasive

Une plante colonisatrice n'est pas forcément invasive : ce second terme désigne une espèce introduite qui se propage hors de son aire d'origine au détriment de la flore locale.

Les gérer au jardin

Couper avant la montée en graines, contenir les racines traçantes avec une barrière enterrée, arracher les jeunes plants tant qu'ils sont faciles à extraire.

Les déchets verts

Les fragments de racines de certaines espèces repartent au compost : on les élimine de préférence en déchetterie.

Les trois grandes façons de s'étendre

La première voie passe par la graine. Certaines espèces produisent des semences en grand nombre, légères, portées par le vent, l'eau ou les oiseaux : elles lèvent dans les allées, les fissures des murs ou les massifs voisins. Les saules, par exemple, libèrent au printemps des graines cotonneuses qui s'installent sur les sols nus et humides, comme le saule blanc argenté au bord des points d'eau.

La deuxième voie est souterraine. Les rhizomes et les racines traçantes avancent sous la surface, parfois loin du pied mère, et font apparaître de nouvelles tiges au milieu d'une pelouse ou d'un massif. Arracher la partie visible ne règle rien si un fragment reste en terre.

La troisième voie tient aux rejets et aux tiges qui s'enracinent : drageons au pied des arbres, tiges rampantes qui prennent racine au contact du sol, lianes qui se marcottent seules. Les vignes vierges illustrent bien ce mode d'expansion, à l'image de Parthenocissus vitacea, vigne vierge grimpante, qui couvre en quelques saisons un grillage ou une façade.

Un rôle utile dans les milieux naturels

Dans la nature, ces espèces jouent souvent le rôle de pionnières. Elles recolonisent une friche, une berge remaniée ou un terrain après un incendie, retiennent le sol contre l'érosion et préparent l'arrivée d'autres plantes. Le problème commence quand une seule espèce s'impose durablement et appauvrit le milieu, ou quand une plante introduite échappe à tout contrôle. Pour ce second cas, la fiche sur les plantes introduites envahissantes en France détaille les espèces à surveiller et les bons réflexes.

Planter sans se laisser déborder

Avant d'installer une espèce réputée vigoureuse, il est utile de se renseigner sur son mode de propagation. Un arbuste qui drageonne trouvera mieux sa place loin d'une pelouse ou d'une terrasse ; une vivace à rhizomes se cultive volontiers en bac, ou dans un massif entouré d'une bordure profonde. Les plantes à graines abondantes se surveillent à la fin de la floraison, quand quelques coups de sécateur évitent des centaines de semis l'année suivante.

L'observation régulière reste le meilleur outil. Un jeune semis s'arrache d'un geste, alors qu'un pied installé depuis plusieurs années peut exiger de dessoucher ou de creuser profondément. Le désherbage manuel, le paillage épais et la tonte répétée des rejets suffisent le plus souvent, sans recourir aux produits chimiques.

Bien choisir l'emplacement dès la plantation

Un même végétal peut être un atout ou une contrainte selon l'endroit où on le plante. Une haie libre en limite de terrain, une berge à stabiliser ou un talus difficile à entretenir profitent de la vigueur d'une espèce colonisatrice. À l'inverse, près d'un potager, d'une rocaille ou d'une plate-bande de vivaces délicates, cette même vigueur devient une source de travail permanent. Penser à l'avance à l'espace dont dispose la plante évite d'avoir à la combattre ensuite.

Les jardins voisins comptent aussi : une espèce qui se ressème facilement ne s'arrête pas à la clôture. Partager l'information avec les voisins, et éviter de jeter des restes de taille dans la nature, limite la diffusion au-delà du jardin.

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