En écologie végétale, la disposition des végétaux désigne la manière dont les plantes se répartissent dans l'espace au sein d'une communauté : leur espacement les unes par rapport aux autres, leur superposition en hauteur et leur succession le long d'un gradient de milieu. Elle se décrit à trois niveaux complémentaires : la distribution horizontale des individus, la stratification verticale et la zonation.
Régulière, aléatoire ou agrégée
Sur un plan horizontal, les écologues distinguent trois motifs. Une disposition régulière, où les individus sont espacés de façon assez constante, traduit souvent une forte concurrence pour l'eau ou la lumière : c'est le cas classique du créosotier (Larrea tridentata) dans les déserts nord-américains, dont les pieds semblent plantés à distance égale. Une disposition aléatoire, sans motif particulier, apparaît quand les conditions sont homogènes et que les graines tombent au hasard. La disposition agrégée, de loin la plus fréquente, regroupe les individus en taches : multiplication végétative par rhizomes ou par tiges stolonifères, graines tombant au pied de la plante mère, ou sol favorable seulement par places. Le muguet (Convallaria majalis) en colonies et le roseau (Phragmites australis) en roselières en sont de bons exemples.
Strates et zones
Dans une forêt, la végétation s'organise en strates superposées : arborescente, arbustive, herbacée et muscinale, celle des mousses au ras du sol. Chacune reçoit une quantité de lumière différente, et les espèces y sont adaptées : les plantes de sous-bois fleurissent souvent au printemps, avant le débourrement des arbres. La zonation, elle, désigne la succession des ceintures de végétation le long d'un gradient. Autour d'un étang, on passe ainsi des plantes immergées aux plantes à feuilles flottantes, puis aux roseaux et aux laîches, enfin aux saules et aux aulnes. En montagne, les étages de végétation forment une zonation selon l'altitude.
Observer et mesurer
Pour décrire la disposition des végétaux, on utilise des carrés de surface connue, les quadrats, dans lesquels on compte ou cartographie les individus, et des transects, lignes tracées à travers un gradient le long desquelles on note les espèces rencontrées. Les relevés de végétation indiquent aussi le recouvrement de chaque strate. Cette lecture de l'espace renseigne sur les processus en jeu, concurrence, dispersion des graines ou hétérogénéité du sol, et sert à suivre l'évolution d'un milieu après une perturbation.

















