En botanique, acaulescent qualifie une plante dont la tige est si courte qu'elle paraît absente : les feuilles semblent naître directement du sol, en rosette, et les fleurs sont portées par des hampes ou des pédoncules partant de la base. Le terme est formé sur le latin a- privatif, caulis (tige) et le suffixe -escens, qui marque une tendance : « qui tend à être sans tige ».
Une tige réduite, pas une tige absente
Une plante acaulescente possède bien une tige, mais réduite à un court axe aux entrenœuds très rapprochés, souvent enfoui ou au ras du sol. C'est lui qui porte les feuilles en rosette et produit chaque année de nouveaux bourgeons. La primevère acaule, Primula vulgaris, le pissenlit (Taraxacum), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) ou la violette odorante (Viola odorata) en sont des exemples. La carline acaule, Carlina acaulis, porte son gros capitule argenté au centre de sa rosette, sans tige apparente.
Une adaptation aux milieux ouverts et exposés
Ce port est fréquent dans les pelouses pâturées ou fauchées, où une rosette plaquée au sol échappe à la dent des herbivores et à la lame. Il est aussi répandu en haute montagne : la gentiane acaule (Gentiana acaulis) et le silène acaule (Silene acaulis) limitent ainsi leur exposition au vent et au froid. Certains palmiers, comme Sabal minor, ont un stipe en grande partie souterrain et paraissent acaulescents.
Acaule, acaulescent, caulescent
Acaule et acaulescent sont souvent employés comme synonymes ; certains auteurs réservent acaule aux plantes dont la tige aérienne est vraiment nulle, et acaulescent à celles dont la tige est seulement très courte. Le contraire est caulescent : une plante caulescente développe une tige feuillée bien visible. Dans une même espèce, des individus peuvent être acaulescents au stade végétatif puis élever une tige florale : une bonne description précise alors le stade observé.

















