En botanique, l'épichile désigne la partie antérieure, ou terminale, du labelle des orchidées dont ce pétale est divisé en deux segments. La partie basale, souvent creusée en coupe, est l'hypochile ; la partie avant, l'épichile, sert de plateforme d'atterrissage aux insectes pollinisateurs. Le mot vient du grec epi (sur, au-dessus) et cheilos (lèvre). On parle parfois aussi de mésochile pour une zone intermédiaire, quand le labelle compte trois parties.
L'épichile chez les Epipactis
Dans le genre Epipactis, le labelle est nettement articulé : l'hypochile forme une cupule remplie de nectar, et l'épichile, cordiforme ou triangulaire, porte à sa base deux bosses (les gibbosités ou callosités). Chez Epipactis palustris, l'épichile est blanc, ondulé et relié à l'hypochile par une charnière souple qui bascule sous le poids d'un insecte. Chez Epipactis helleborine, il est plus petit, souvent recourbé vers l'arrière. La couleur, la forme et l'aspect des gibbosités de l'épichile font partie des caractères qui séparent les espèces de ce genre difficile.
Autres orchidées à épichile
Chez les céphalanthères (Cephalanthera damasonium, Cephalanthera longifolia), l'épichile porte des crêtes jaunes ou orangées qui imitent du pollen. Chez les sérapias (Serapias vomeracea, Serapias lingua), l'épichile est la longue « langue » pendante qui dépasse du casque formé par les sépales et les pétales ; sa largeur et sa pilosité aident à distinguer les espèces.
Comment le repérer
On regarde la fleur de face puis de profil : l'épichile est la partie la plus éloignée de la colonne (le gynostème), celle qui pend ou s'avance. Un rétrécissement net ou une articulation marque sa limite avec l'hypochile. Sur un labelle entier, sans étranglement, on ne parle pas d'épichile.

















