En botanique, l'hydrochorie est la dispersion des graines, des fruits ou d'autres organes de propagation par l'eau, qu'il s'agisse des courants marins, des rivières, des crues ou même des gouttes de pluie. Le mot est formé sur le grec hudôr (eau) et khôrein (se déplacer, s'étendre). Les plantes qui utilisent ce mode de dispersion sont dites hydrochores.
Les adaptations à la flottaison
Pour voyager sur l'eau, un fruit doit flotter et résister à l'humidité. Le cocotier, Cocos nucifera, en est le modèle : son fruit possède un mésocarpe fibreux plein d'air, autour d'un endocarpe dur, qui lui permet de dériver des semaines en mer puis de germer sur une plage lointaine. La liane Entada gigas produit de grosses graines qui traversent l'Atlantique et s'échouent parfois sur les côtes européennes. En eau douce, les fruits de l'aulne glutineux (Alnus glutinosa), du nénuphar jaune (Nuphar lutea) ou les graines de l'iris des marais (Iris pseudacorus) flottent grâce à des tissus aérifères ou à des enveloppes imperméables.
Rivières, crues et gouttes de pluie
Le long des cours d'eau, l'hydrochorie organise la répartition des plantes riveraines : les crues déposent graines et fragments de tiges sur les bancs de sable, où peupliers et saules s'installent. Elle explique aussi la propagation rapide d'espèces invasives comme la balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) ou les renouées asiatiques (Reynoutria), dont des morceaux de rhizome emportés par l'eau colonisent l'aval. Une forme particulière utilise l'impact des gouttes de pluie : chez les dorines (Chrysosplenium), les graines sont projetées hors de la capsule ouverte en coupe par les éclaboussures.
Les autres modes de dispersion
L'hydrochorie complète l'anémochorie (dispersion par le vent), la zoochorie (par les animaux) et l'autochorie (par la plante elle-même, comme l'ouverture explosive des gousses). Une même espèce peut combiner plusieurs modes : les fruits de l'aulne, légèrement ailés, sont portés par le vent puis flottent sur l'eau. On parle parfois de nautochorie lorsque le transport se fait à la surface de l'eau, sur de longues distances.

















