Mertensia paniculata, la mertensie en panicule, est une vivace des sous-bois et des berges humides du nord de l'Amérique du Nord. Ses clochettes pendantes s'ouvrent roses puis virent au bleu, et la plante garde son feuillage pendant l'été, à la différence de sa cousine de Virginie.
Mertensia paniculata (Boraginacées) est une vivace des forêts humides et berges de ruisseaux du nord de l'Amérique du Nord, du Québec au Yukon. Proche de la pulmonaire européenne, elle s'en distingue par ses fleurs tubulaires en panicule lâche plutôt qu'en cymes denses.
Description
La plante s'élève à 40 à 80 cm. Les feuilles ovales-lancéolées sont glauques et légèrement veloutées. Les fleurs, d'abord roses puis bleu-violet à maturité, pendent en cymes scorpioïdes de mai à juillet.
Ces petites cymes enroulées sont elles-mêmes réparties le long de rameaux ramifiés : c'est cet ensemble ouvert, aéré, qui forme la panicule à laquelle l'espèce doit son nom. Les tiges dressées, souvent un peu arquées sous le poids des fleurs, donnent à la touffe une allure légère.
Culture
Cette mertensie convient aux jardins naturalisés, berges plantées et sous-bois frais. Sol humifère, constamment frais, à mi-ombre. Rustique (-30°C), elle se ressème modérément. Contrairement à la mertensie de Virginie, Mertensia virginica, dont le feuillage disparaît en été comme celui de nombreuses vivaces printanières, elle garde ses feuilles pendant la belle saison si le sol ne se dessèche pas.
Pourquoi les fleurs changent de couleur
Le passage du rose au bleu est un trait partagé par plusieurs Boraginacées, dont les pulmonaires et les myosotis. Il s'explique par la chimie des pigments de la fleur, des anthocyanes dont la teinte varie avec l'acidité des tissus : en vieillissant, la corolle change d'équilibre et sa couleur bascule. Sur une même tige, boutons roses et clochettes bleues se côtoient, ce qui fait une grande partie du charme de la plante. Pour les insectes, ce changement signale aussi les fleurs les plus jeunes, souvent les plus riches en nectar ; les bourdons, dont la langue atteint le fond des corolles tubulaires, comptent parmi ses visiteurs réguliers.
Son milieu naturel et ce qu'il dit de la culture
Dans son aire d'origine, la mertensie en panicule pousse au bord des forêts de conifères et de feuillus, dans les clairières humides, les prairies fraîches et le long des cours d'eau. Ce milieu donne la clé de sa réussite au jardin : une terre riche en matière organique, qui garde l'humidité sans rester détrempée, une lumière tamisée et un sol couvert de feuilles ou de paillis qui limite les écarts de température. En plein soleil et en terre sèche, la plante s'épuise et ses feuilles brûlent ; à l'ombre trop dense, elle fleurit peu.
Elle se multiplie par division de la souche au début du printemps ou à l'automne, ou par semis de graines fraîches à l'extérieur, le froid de l'hiver aidant à la germination. Les jeunes plants apprécient un emplacement abrité des limaces, friandes de leurs premières feuilles.
Avec quelles vivaces la cultiver
Elle trouve sa place dans un massif de sous-bois aux côtés des fougères, des hostas et d'autres amatrices d'ombre fraîche. Le pavot bleu de l'Himalaya, Meconopsis betonicifolia, partage ses exigences de sol frais et humifère et prolonge la note bleue. En couvre-sol à ses pieds, le lamier jaune Galeobdolon luteum occupe les espaces libres sans l'étouffer. D'autres fiches de vivaces et d'arbustes se trouvent parmi les plantes du genre M.

















