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Hortus botanique

130151 biductuleux : panorama

Biductuleux qualifie un organe végétal pourvu de deux canaux (ductules ou conducteurs) parallèles ou dédiés à deux fonctions différentes. Le terme vient du latin bi (deux) et ductulus (petit canal, diminutif de ductus). C'est un terme rare utilisé dans la description fine de certaines tiges ou pétioles.

Le mot reste très peu employé : il ne figure pas dans les dictionnaires de botanique courants, où l'on rencontre plutôt des adjectifs voisins comme tubuleux (en forme de tube creux) ou fistuleux (creusé d'une cavité interne, comme la tige de la ciboulette). Dans une flore ou une clé de détermination, l'idée est le plus souvent exprimée en toutes lettres : « deux canaux sécréteurs », « canaux résinifères marginaux », etc.

Contexte anatomique

Certaines tiges présentent des canaux sécréteurs doubles : deux canaux résinifères symétriques de part et d'autre du faisceau vasculaire central, par exemple chez certains Apiaceae. La présence de deux canaux plutôt qu'un ou plusieurs est un caractère anatomique parfois utilisé pour distinguer des genres proches dans cette famille.

Les canaux sécréteurs des Apiaceae : les bandelettes du fruit

Chez les Apiaceae (carotte, fenouil, coriandre, cumin), les canaux sécréteurs les plus étudiés se trouvent dans le fruit. Appelés vittae ou bandelettes, ce sont des canaux oléo-résineux qui contiennent les essences responsables de l'odeur typique de la famille. Sur une coupe transversale d'un méricarpe, on distingue :

  • les bandelettes valléculaires, logées dans les sillons (vallécules) entre les côtes du fruit ;
  • les bandelettes commissurales, placées sur la face par laquelle les deux moitiés du fruit se touchent.

Le nombre de bandelettes par sillon et sur la face commissurale, leur position et leur régularité font partie des caractères retenus par les études d'anatomie comparée pour séparer des espèces dont les fruits se ressemblent beaucoup, notamment en pharmacognosie où plusieurs fruits d'Apiaceae sont des drogues végétales.

Application en systématique

La description anatomique fine des canaux sécréteurs (résinifères, mycéliaires, lactifères) est utilisée en systématique comparée pour confirmer ou distinguer des taxons que la morphologie externe ne sépare pas clairement. Un faisceau biductuleux vs multiductuleux peut orienter la clé d'identification à un niveau générique ou même spécifique dans des familles comme les Apiaceae ou les Pinaceae.

Chez les conifères, la position des canaux résinifères dans l'aiguille (contre l'épiderme, dite marginale, ou noyée dans le tissu, dite médiane) est un critère classique des clés de détermination. Une étude publiée dans les Annales des sciences forestières sur les sapins montre toutefois que ce caractère peut changer avec l'âge de l'arbre : les canaux, marginaux au jeune âge, deviennent médians chez certains sujets dans la partie haute de la cime. D'où la règle pratique d'observer des aiguilles prélevées au même niveau de l'arbre avant de conclure.

Comment observer ces canaux

Une coupe transversale fine, faite à la lame de rasoir dans une tige, un pétiole, une aiguille ou un fruit mûr, suffit souvent : à la loupe binoculaire, les canaux sécréteurs apparaissent comme de petits orifices, parfois colorés ou bordés de cellules plus petites. Compter les canaux et noter leur emplacement par rapport aux faisceaux conducteurs permet ensuite de comparer l'échantillon aux descriptions d'une flore.

Biductuleux ou fistuleux et canaux sécréteurs doubles au jardin

Biductuleux est-il un synonyme de fistuleux ?

Non. Fistuleux désigne un organe creux, percé d'une seule grande cavité centrale ; biductuleux évoque deux petits canaux distincts, généralement sécréteurs ou conducteurs.

Où trouver des canaux sécréteurs doubles chez les plantes du jardin ?

Les fruits des Apiaceae aromatiques (fenouil, aneth, carvi) et les aiguilles des conifères sont les exemples les plus faciles à observer en coupe, avec une simple lame et une loupe.

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