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Hortus botanique

Armoise camphrée grisâtre : description, habitat et culture

Planche botanique stylisée d’Artemisia camphorata subsp. canescens, famille des Astéracées

Artemisia camphorata subsp. canescens désigne une forme très grise de l'armoise camphrée, un petit sous-arbrisseau aromatique des pelouses sèches et des rochers calcaires. Son odeur forte de camphre et son feuillage argenté la rendent facile à repérer sur le terrain.

Artemisia camphorata subsp. canescens est une sous-espèce de l'armoise camphrée (Astéracées), caractérisée par un indument grisâtre-tomenteux plus développé que la sous-espèce type, donnant aux tiges et feuilles une teinte gris-blanc. L'épithète canescens (qui blanchit, en latin) décrit cette pubescence argentée.

Description

Sous-arbrisseau de 30 à 80 cm aux tiges ligneuses à la base, fortement aromatiques. L'odeur camphrée marquée est due à la richesse en monoterpènes de l'huile essentielle. Floraison en été-automne : petits capitules jaunâtres discoïdes en panicules.

Les feuilles sont finement découpées en lanières étroites, comme chez beaucoup d'armoises. Le duvet qui les couvre n'est pas qu'un ornement : il réfléchit une partie de la lumière et freine l'évaporation, deux atouts pour une plante qui pousse en plein soleil sur des sols qui sèchent vite.

Habitat

Pelouses sèches, garrigues et rochers calcaires du bassin méditerranéen central et de la péninsule italienne. Préfère les expositions chaudes et les sols bien drainés.

Un nom qui a changé

L'armoise camphrée est aujourd'hui généralement rattachée à Artemisia alba, l'armoise blanche, dont Artemisia camphorata est considéré comme un synonyme dans les principaux référentiels de nomenclature. Les sous-espèces et variétés décrites sous l'ancien nom sont donc à rechercher aussi sous le nouveau. La fiche d'Artemisia alba subsp. suavis présente une autre forme de ce même ensemble.

Le genre Artemisia est vaste. Il réunit des plantes aussi différentes que l'absinthe, l'estragon ou l'armoise commune des talus, toutes marquées par des feuillages aromatiques et des fleurs discrètes, groupées en minuscules capitules. Pour une espèce plus orientale du genre, la fiche de l'armoise d'Arménie offre un bon point de comparaison.

La cultiver dans un jardin sec

Au jardin, cette armoise s'installe dans une rocaille, au pied d'un muret ou dans un massif de plantes méditerranéennes. Elle demande le soleil, un sol caillouteux et filtrant, et supporte mal les terres humides en hiver. Une taille au printemps, en rabattant les pousses de l'année précédente sans entamer le vieux bois, la garde compacte et évite qu'elle se dégarnisse à la base.

Son feuillage gris éclaire les plantations de lavandes, de cistes ou de sauges, et son parfum se libère au moindre frôlement. Elle ne demande ni engrais ni arrosage une fois installée.

Une plante aromatique à manier avec prudence

Les armoises contiennent des huiles essentielles puissantes, et certaines espèces renferment des composés toxiques à forte dose. Cette armoise n'a pas d'usage culinaire reconnu : on profite de son odeur au jardin, sans l'employer en tisane ou en cuisine sans l'avis d'un professionnel. Les autres fiches de la même lettre sont réunies dans la page des plantes du genre A.

Reconnaître une armoise sur le terrain

Les armoises se reconnaissent d'abord à l'odeur : il suffit de froisser une feuille pour libérer un parfum puissant, camphré, amer ou anisé selon l'espèce. Les capitules, minuscules et dépourvus de pétales voyants, n'attirent guère l'œil ; ils sont pollinisés en grande partie par le vent, ce qui explique leur discrétion. La forme et le degré de découpure des feuilles, la pilosité et le port de la plante permettent ensuite d'orienter l'identification vers une espèce ou une sous-espèce.

Pour distinguer cette forme grisâtre de la sous-espèce type, l'intensité du duvet reste le premier critère, mais il varie aussi selon l'exposition : une plante poussant en plein soleil, sur un sol très sec, paraît souvent plus blanche qu'un pied du même taxon cultivé à mi-ombre. Une détermination fiable s'appuie donc sur plusieurs individus et sur une flore régionale.

Une plante des milieux chauds et secs

Les pelouses sèches et les garrigues où pousse cette armoise sont des milieux riches en espèces, souvent menacés par l'abandon du pâturage, qui laisse les broussailles refermer le paysage, ou par l'urbanisation. Les plantes aromatiques comme les armoises, les thyms et les lavandes y forment un cortège caractéristique, que les botanistes utilisent pour décrire et suivre ces habitats.

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