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Hortus botanique

Zollikoferia peltidium et les laitues sauvages du Sahara

Planche botanique stylisée de Zollikoferia peltidium, famille des Asteraceae

Zollikoferia peltidium est un nom botanique ancien, aujourd'hui peu employé, qui désigne une laitue sauvage des régions arides d'Afrique du Nord. Il appartient à un genre que les révisions successives ont presque entièrement vidé au profit de Launaea et d'autres genres voisins.

Zollikoferia peltidium est un nom ancien rattaché aux laitues sauvages de la tribu des Cichorieae (Asteraceae). Le genre Zollikoferia a été créé au XIXᵉ siècle pour des espèces nord-africaines et du Proche-Orient, mais la majorité de ses membres ont été depuis intégrés aux genres Launaea, Lactuca ou Sonchus.

Un genre démembré par les révisions

Créé pour des chicorées et laitues du désert, Zollikoferia réunissait des plantes à latex blanc, dont les capitules ne portent que des fleurs ligulées jaunes, comme chez le pissenlit. Les botanistes ont ensuite constaté que les caractères retenus pour définir le genre se retrouvaient dans d'autres groupes, et la plupart des espèces ont été déplacées. Launaea arborescens, arbrisseau épineux des Canaries et du Maghreb, ou Launaea nudicaulis, aux tiges presque nues, ont ainsi longtemps porté le nom de Zollikoferia.

Ces déplacements expliquent qu'un même spécimen d'herbier puisse porter plusieurs étiquettes successives. Lire une ancienne flore saharienne demande donc de garder sous la main une liste de synonymes, comme on le fait pour Acorus odoratus, synonyme du jonc odorant ou pour d'autres noms tombés en désuétude.

Habitat

Ces laitues sauvages sont caractéristiques des regs et hamadas (surfaces rocailleuses) nord-africains, des oueds et terrains sableux du Sahara septentrional et du Sahel. Elles supportent des sécheresses extrêmes grâce à leurs systèmes racinaires profonds.

Survivre dans le reg et la hamada

Les laitues sauvages du désert combinent plusieurs adaptations. Leurs racines pivotantes vont chercher l'humidité en profondeur, tandis que les rosettes de feuilles plaquées au sol limitent l'évaporation. Chez plusieurs espèces, les tiges se ramifient en un buisson raide et épineux, presque sans feuilles en saison sèche, ce qui réduit la surface exposée au soleil et décourage une partie des herbivores. Les fruits, des akènes surmontés d'une aigrette de soies, voyagent avec le vent sur de longues distances.

Après une pluie, ces plantes fleurissent vite et produisent leurs graines avant le retour de la sécheresse, stratégie commune à beaucoup d'espèces des milieux arides. Elles font aussi partie de la végétation broutée par les troupeaux nomades, ce qui pèse sur leur répartition autour des points d'eau.

Systématique

La révision moléculaire des Cichorieae a considérablement remodelé la définition des genres dans ce groupe. L'identité exacte de Zollikoferia peltidium en nomenclature actuelle reste à préciser selon les sources.

Pour un botaniste de terrain, le plus sûr reste de récolter ou de photographier la plante entière : rosette de base, tiges, capitules ouverts et akènes mûrs. Ce sont les akènes, leur forme, leurs côtes et leur aigrette, qui portent l'essentiel des critères employés aujourd'hui pour séparer Launaea, Sonchus et les genres voisins. Une photo du latex qui perle à la cassure d'une tige confirme en outre l'appartenance aux chicorées.

Les analyses d'ADN ont montré que ces chicorées ne se découpent pas toujours selon les caractères visibles à l'œil nu : forme des akènes, couleur des fleurs ou port de la plante. Tant qu'un spécialiste n'a pas rattaché formellement ce nom à une espèce acceptée, mieux vaut le citer tel qu'il figure dans la source consultée, sans le confondre avec les espèces de Launaea bien établies. La fiche d'Acer dasycarpum, ancien nom de l'érable argenté illustre le même mécanisme de synonymie, et la liste des plantes du genre Z regroupe les autres fiches de cette lettre.

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