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Hortus botanique

Acroporium procumbens : identification et écologie d'une mousse prostrée

Planche botanique stylisée d’Acroporium procumbens, famille des Sématophyllacées

Acroporium procumbens est une mousse pléurocarpe de la famille des Sématophyllacées, qui tapisse écorces et rochers dans les forêts humides d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Son identification sûre passe par le microscope, car le genre compte de nombreuses espèces très proches.

Acroporium procumbens (Mitt.) Fleisch. (Sematophyllacées) est une mousse pléurocarpique des forêts humides tropicales d'Asie du Sud-Est, d'Australie et d'Océanie. Elle forme des tapis denses et brillants sur les écorces, rochers moussus et sols forestiers ombragés.

Morphologie

Les tiges prostrées, irrégulièrement ramifiées, portent des feuilles ovales-lancéolées, concaves, à une seule nervure atteignant la mi-longueur de la feuille. Le tissu cellulaire est translucide et brillant, typique des Sematophyllacées.

Le qualificatif procumbens, couché en latin, décrit justement ce port rampant : les tiges s'allongent à plat sur leur support au lieu de se dresser en coussinet. Les capsules, quand elles sont présentes, naissent sur de courts rameaux latéraux et non au sommet de la tige principale.

Pleurocarpe ou acrocarpe : un premier tri

Les bryologues séparent d'abord les mousses selon la position de leurs organes reproducteurs. Les acrocarpes portent leur capsule au bout de la tige et poussent en touffes dressées ; les pléurocarpes la portent sur le côté et s'étalent en tapis ramifiés. Acroporium procumbens appartient clairement au second groupe, ce qui oriente déjà la détermination vers un petit nombre de familles.

Systématique

La famille des Sematophyllacées est l'une des plus riches en espèces parmi les mousses tropicales. Acroporium comprend une cinquantaine d'espèces, toutes tropicales, difficiles à distinguer sans l'examen microscopique de la structure cellulaire.

Au microscope, on regarde en particulier la forme des cellules du limbe, leur paroi, et surtout les cellules des angles de la base foliaire, souvent renflées et colorées dans cette famille. La comparaison avec une espèce voisine du même genre, comme Acroporium lamprophyllum, mousse plumeuse à feuilles luisantes, montre à quel point les différences sont fines.

Le rôle des mousses épiphytes en forêt humide

Dans les forêts tropicales, les tapis de mousses qui couvrent troncs et branches retiennent l'eau des pluies et des brouillards, puis la restituent lentement. Ils offrent un abri à une multitude de petits invertébrés et servent de support de germination à des fougères, des orchidées ou des broméliacées épiphytes. Une mousse discrète comme celle-ci participe donc à l'humidité ambiante du sous-bois et à sa biodiversité.

Où chercher cette mousse

Dans son aire tropicale, on la cherche d'abord là où l'humidité reste constante : bases de troncs, branches basses et souches dans les sous-bois ombragés, rochers moussus près des ruisseaux. Les clairières très exposées et les troncs secs lui conviennent mal. Elle partage souvent son support avec d'autres mousses pléurocarpes et des hépatiques à feuilles, ce qui impose de bien isoler une tige avant l'examen, pour ne pas mélanger deux espèces dans la même préparation.

Récolter et conserver un échantillon

  • Prélever une petite portion seulement, en laissant l'essentiel du tapis en place.
  • Noter le support (écorce, rocher, bois mort), l'exposition et le lieu précis.
  • Faire sécher l'échantillon dans une enveloppe de papier, à l'air, sans le presser.
  • Le réhumidifier quelques minutes dans l'eau avant l'examen : les feuilles reprennent alors leur forme naturelle.

D'autres mousses pléurocarpes figurent dans la base, par exemple Acrocladium coridifolium, la mousse à feuilles de coris. Les espèces dont le nom commence par la même lettre sont regroupées dans les fiches botaniques du genre A.

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