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Hortus botanique

Acrocladium coridifolium (Calliergon cordifolium) : description et milieux

Planche botanique stylisée d’Acrocladium coridifolium, famille des Calliergonacées

Acrocladium coridifolium est une mousse des zones humides, connue aujourd'hui sous le nom de Calliergon cordifolium. Son épithète, plus souvent écrite cordifolium, signifie « à feuilles en forme de cœur » et décrit ses feuilles larges, arrondies et légèrement embrassantes.

Acrocladium coridifolium est une mousse pleurocarpe aujourd'hui généralement rattachée au genre Calliergon ou à des genres proches (Calliergonacées). Son épithète, que la plupart des flores écrivent cordifolium (à feuilles en cœur), décrit des feuilles ovales-obtuses, larges à la base.

Un nom ancien et une orthographe flottante

Le genre Acrocladium a longtemps servi, dans les flores européennes, à regrouper plusieurs mousses des marais aujourd'hui placées dans Calliergon ou Calliergonella. La forme « coridifolium » relève d'une variante d'écriture du nom : elle n'a pas de lien avec le coris, plante méditerranéenne, et c'est bien le latin cor, le cœur, qui est en jeu. Dans un inventaire, on retrouvera donc l'espèce sous Calliergon cordifolium, le nom actuellement retenu.

Reconnaître la mousse

La plante forme des tiges dressées ou ascendantes, peu ramifiées, d'un vert franc à jaunâtre, souvent lâchement entremêlées. Les feuilles sont larges, concaves, à sommet arrondi, et possèdent une nervure simple qui s'arrête avant la pointe. À la base, les cellules des angles forment des oreillettes bien délimitées, caractère que l'on observe à la loupe ou au microscope et qui sert à séparer les espèces du genre.

Les pointes des tiges, où les jeunes feuilles restent serrées, prennent parfois un aspect effilé. Ce détail, joint au port peu ramifié, aide à la distinguer des mousses plumeuses des écorces, comme Acroporium lamprophyllum, mousse plumeuse à feuilles luisantes, qui vit dans un tout autre milieu.

Habitat

Cette mousse fréquente les marais, les bords de ruisseaux, les fossés et les boisements humides d'Europe tempérée, d'Asie et d'Amérique du Nord. On la rencontre dans des eaux peu profondes ou sur des sols gorgés d'eau, aussi bien dans des milieux pauvres que dans des marais plus riches en éléments nutritifs, où elle supporte mieux l'enrichissement que les sphaignes.

Les aulnaies marécageuses, les saulaies et les dépressions inondées en hiver lui conviennent particulièrement. Elle peut former des tapis lâches qui flottent en partie à la surface des mares et se reconnaissent de loin à leur teinte vert vif.

Indicateur écologique

Les mousses du groupe Calliergon/Acrocladium sont d'excellents indicateurs de l'acidité, de l'hydrologie et de la qualité trophique des zones humides. Leur disparition témoigne généralement d'une eutrophisation ou d'un drainage du milieu.

Dans les études de zones humides, les bryophytes ont l'avantage de réagir vite aux changements de niveau d'eau : un marais qui s'assèche perd ses mousses aquatiques avant que la flore à fleurs ne change visiblement. Relever la présence de Calliergon cordifolium, puis sa régression éventuelle, donne une information précieuse aux gestionnaires d'espaces naturels qui surveillent l'état d'une tourbière ou d'une prairie humide.

Observer et identifier

Une identification sûre passe par l'examen des feuilles au microscope : forme des cellules alaires, longueur de la nervure, contour du sommet. Sur le terrain, on récolte une petite touffe dans une enveloppe de papier, on note le milieu et le niveau d'eau, puis on laisse sécher l'échantillon à l'air. Les mousses se conservent ainsi des années et se réhydratent en quelques minutes pour l'observation.

Pour poursuivre l'exploration des plantes rangées sous la même lettre, l'index des fiches botaniques du genre A regroupe les autres mousses, algues et plantes à fleurs de la base.

Les zones humides où vit cette mousse abritent souvent d'autres espèces remarquables, plantes carnivores, laîches ou libellules, qui dépendent comme elle d'un niveau d'eau stable. Lors d'une sortie, on reste sur les sentiers balisés et l'on limite les prélèvements au strict nécessaire, ces milieux se remettant lentement du piétinement.

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