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Hortus botanique

Actinotaenium geniculatum : une algue microscopique des eaux acides

Planche botanique stylisée d’Actinotaenium geniculatum

Actinotaenium geniculatum est une desmidie, c'est-à-dire une algue verte unicellulaire des eaux douces, que l'on rencontre surtout dans les mares acides et les tourbières. Invisible à l'œil nu, elle intéresse les naturalistes comme témoin de la bonne qualité de ces milieux.

Actinotaenium geniculatum est une desmidie (Zygnematophyceae, Chlorophyta), algue verte unicellulaire microscopique des eaux douces oligotrophes et acides. Les desmidiales sont un groupe remarquable par la symétrie bilatérale de leurs cellules et la complexité de leurs sculptures.

Morphologie

La cellule est formée de deux hémicellules symétriques séparées par une constriction médiane (l'isthme). L'épithète geniculatum (genouillé) désigne la forme anguleuse de l'ensemble de la cellule. La longueur est de l'ordre de 30 à 80 µm.

Chez les Actinotaenium, la constriction reste peu profonde : la cellule garde un contour presque cylindrique ou en tonnelet, loin des formes étoilées ou fortement découpées d'autres desmidies. La paroi est lisse ou finement ponctuée de pores. À l'intérieur, chaque hémicellule contient un chloroplaste dont les lames rayonnent autour d'un centre, disposition qui a donné son nom au genre, du grec aktis, le rayon.

Les espèces voisines du genre

Le genre réunit des espèces proches, que l'on sépare d'après les proportions de la cellule, la forme des extrémités et l'ornementation de la paroi. Actinotaenium rufescens, la desmidie rousse des tourbières, partage les mêmes milieux mais montre une teinte de paroi différente. Actinotaenium pinicolum, desmidiacée des sous-bois de résineux, illustre l'étendue écologique du genre, des mares tourbeuses aux suintements forestiers.

Ces séparations reposent sur des mesures et des dessins précis faits au microscope. Les spécialistes recommandent de mesurer plusieurs cellules d'un même échantillon avant de conclure, car la taille varie selon l'âge de la population et les conditions du milieu.

Écologie

Bioindicateur des eaux acides et tourbières ombrotrophes, Actinotaenium geniculatum disparaît des milieux eutrophisés. Sa présence témoigne d'une bonne qualité des eaux stagnantes acides, souvent associée aux sphaignes.

Les desmidies vivent fixées sur les plantes aquatiques, entre les brins de sphaignes ou dans la couche de fond des petites pièces d'eau. Elles prospèrent dans des eaux pauvres en calcium et en nutriments, où peu d'autres algues résistent. Un apport d'engrais par ruissellement, un drainage ou un remblai suffit à faire changer la composition de ces communautés : les desmidies régressent et des algues filamenteuses plus banales prennent leur place.

Pourquoi les inventaires s'y intéressent

Parce qu'elles répondent vite aux variations de chimie de l'eau, les desmidies servent d'indicateurs dans le suivi des tourbières et des mares forestières. Une liste d'espèces relevée à intervalles réguliers permet de mesurer l'effet d'une restauration, par exemple le rebouchage d'un fossé de drainage, bien avant que la végétation visible ne se modifie.

Observer une desmidie

La récolte est simple : on presse au-dessus d'un bocal une poignée de sphaignes ou de plantes immergées, et l'eau qui s'écoule contient la plupart des algues. Au microscope, à un grossissement moyen, les desmidies se repèrent à leur symétrie et à leur couleur vert vif. Une goutte d'échantillon frais, observée le jour même, montre mieux les chloroplastes qu'un prélèvement conservé.

Les autres fiches de la base, algues comprises, sont accessibles depuis l'index des plantes du genre A et fiches botaniques.

Desmidies et changement des milieux

Les tourbières et les mares acides comptent parmi les milieux qui ont le plus reculé en Europe, sous l'effet du drainage, de l'enrésinement ou de l'enrichissement des eaux. Les desmidies en sont des témoins sensibles : une petite pièce d'eau tourbeuse peut abriter une grande variété d'espèces, alors qu'un étang voisin enrichi par les ruissellements agricoles n'en garde que quelques-unes. Protéger ces milieux, c'est d'abord préserver leur alimentation en eau pauvre et acide, en évitant les apports d'engrais, les remblais et les fossés qui les assèchent.

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