Actinotaenium rufescens est une desmidie, c'est-à-dire une algue verte formée d'une seule cellule en deux moitiés symétriques. Elle vit dans les eaux douces acides et pauvres en nutriments, où sa présence témoigne d'un milieu peu perturbé.
Actinotaenium rufescens est une desmidie (Zygnematophyceae, Chlorophyta), algue verte unicellulaire des eaux douces acides et oligotrophes. Son épithète rufescens (rougeâtre) décrit la légère coloration rousse que peut prendre la cellule selon les conditions.
Morphologie
Comme les autres desmidiales, la cellule est formée de deux hémicellules symétriques (demi-cellules) séparées par une constriction médiane (l'isthme). La paroi peut porter des granulations ou stries. Taille généralement inférieure à 100 µm.
Valeur bioindicatrice
Les desmidiales sont parmi les meilleurs indicateurs de la qualité écologique des eaux douces stagnantes. Une diversité élevée de desmidiales indique une eau acide, pauvre en nutriments et peu perturbée. Leur présence est souvent associée aux tourbières à sphaignes et aux lacs de montagne.
Ce qui caractérise le genre Actinotaenium
Les Actinotaenium ont des cellules plutôt cylindriques ou en tonnelet, avec une constriction médiane peu marquée, à la différence des Cosmarium dont les deux moitiés sont nettement séparées par un sinus profond. Le nom du genre évoque les rayons : les chloroplastes, placés dans l'axe de chaque hémicellule, émettent des lames rayonnantes visibles en vue apicale. Pour comparer, la fiche de la desmidie de Moore, Actinotaenium mooreanum décrit une espèce voisine du même genre.
La distinction entre espèces repose sur des détails fins : contour exact de la cellule, rapport entre longueur et largeur, ornementation et pores de la paroi. Les mesures au micromètre oculaire et les clés spécialisées restent indispensables, et les auteurs ne s'accordent pas toujours sur les limites de chaque taxon.
D'où vient la teinte rousse
L'épithète rufescens renvoie à une coloration rougeâtre. Chez de nombreuses desmidiées, la teinte brune ou rousse de la paroi est souvent attribuée à des dépôts de composés du fer ou du manganèse, plus abondants dans certaines eaux de tourbière. La couleur peut donc varier d'une population à l'autre et ne suffit pas, seule, à nommer l'algue.
Une reproduction en deux temps
La multiplication la plus fréquente se fait par division : la cellule se sépare au niveau de l'isthme et chaque moitié reconstruit la moitié manquante, ce qui donne des cellules filles aux hémicellules d'âges différents. La reproduction sexuée passe par la conjugaison de deux cellules, dont les contenus fusionnent pour former une zygospore à paroi épaisse, capable de passer une période défavorable avant de germer.
Observer les desmidiées d'une tourbière
Le plus simple consiste à presser une poignée de sphaignes au-dessus d'un bocal, ou à passer un filet à plancton à mailles fines dans une mare acide. Après quelques heures de repos, le dépôt du fond se pipette sur une lame. Un microscope optique ordinaire suffit pour voir la symétrie des cellules et le chloroplaste rayonnant ; l'identification précise demande ensuite un fort grossissement et de la patience.
D'autres espèces du genre fréquentent des milieux voisins, comme Actinotaenium pinicolum des sous-bois de résineux. Les fiches des plantes et algues du genre A rassemblent les autres desmidiées décrites sur le site.
Une algue sensible aux changements de son milieu
Le drainage, l'apport d'engrais par ruissellement ou le chaulage d'un plan d'eau suffisent à faire disparaître les communautés de desmidiées les plus exigeantes. Leur suivi complète celui des plantes à fleurs : une tourbière qui perd ses desmidiées change souvent de fonctionnement avant que la flore visible ne réagisse.

















