Actinotaenium mooreanum est une desmidie, c'est-à-dire une algue verte microscopique formée d'une seule cellule, qui vit dans les eaux douces acides et pauvres en nutriments. Comme ses proches, elle sert de témoin de la bonne santé des tourbières où elle abonde.
Actinotaenium mooreanum est une desmidie (Zygnematophyceae, Chlorophyta), algue verte unicellulaire des eaux douces acides et oligotrophes. Comme les autres membres du genre, sa cellule est formée de deux hémicellules symétriques séparées par un isthme, avec un seul chloroplaste portant un ou plusieurs pyrénoïdes.
Une cellule en deux moitiés
Les desmidies se reconnaissent au microscope à cette symétrie : chaque cellule paraît faite de deux moitiés identiques, accolées par le milieu. Chez les Actinotaenium, l'étranglement central reste peu marqué et le contour général est simple, en cylindre ou en tonneau arrondi, bien loin des cellules profondément lobées des Micrasterias. Le pyrénoïde, petit corps arrondi dans le chloroplaste, est le lieu où s'accumulent les réserves d'amidon.
La reproduction se fait le plus souvent par division : la cellule se sépare au niveau de l'isthme, et chaque moitié reconstruit la moitié manquante. Une reproduction sexuée, par conjugaison de deux cellules, existe aussi chez les Zygnematophyceae ; elle produit une zygospore à paroi épaisse, capable de résister à l'assèchement du milieu.
Dédicace
L'épithète mooreanum honore probablement un phycologiste ou botaniste du nom de Moore, peut-être George Thomas Moore (1871-1956), botaniste américain, ou un botaniste britannique homonyme spécialiste des algues d'eau douce.
Seule la description originale de l'espèce, qui accompagne son nom d'auteur, permet de trancher. Les épithètes en -anum ou -ii sont presque toujours des hommages à une personne, souvent un collègue ou le récolteur de l'échantillon type.
Écologie
Les desmidiales nécessitent des eaux limpides, acides et pauvres en substances nutritives pour se développer. Leur présence en grand nombre et diversité élevée est un signe positif de l'état de conservation d'une tourbière.
On les trouve surtout entre les sphaignes, dans les gouilles et les mares de tourbière, où elles flottent ou adhèrent aux plantes immergées. Le drainage, l'apport d'engrais par ruissellement ou l'envasement font disparaître les espèces les plus exigeantes et laissent place à quelques algues banales : l'inventaire des desmidies sert ainsi d'indicateur pour suivre un site au fil des années.
Comment observer une desmidie
La méthode la plus simple consiste à presser une poignée de sphaignes au-dessus d'un bocal propre et à laisser décanter l'eau recueillie. Une goutte prélevée au fond, placée entre lame et lamelle, suffit à faire apparaître au microscope une grande variété de formes. Les desmidies vivent aussi dans des sites protégés : on prélève peu, sans piétiner les tapis de mousse, et on respecte la réglementation des réserves.
L'identification à l'espèce demande ensuite de mesurer les cellules au micromètre oculaire, d'observer leur contour de face et de profil et, souvent, de les voir en vue apicale, par le bout, pour juger la forme du chloroplaste. Les monographies de desmidies et les clés régionales restent indispensables : plusieurs espèces voisines ne se séparent que par des proportions ou par l'ornementation discrète de la paroi.
Plusieurs espèces du même genre se partagent ces milieux. L'Actinotaenium geniculatum, desmidie géniculée se distingue par son contour coudé, tandis que la desmidie rousse Actinotaenium rufescens doit son nom à sa paroi teintée. Les autres fiches des plantes et algues du genre A complètent ce panorama des espèces voisines.

















