Agrostis canina subsp. glauca est une sous-espèce de l'agrostide des chiens que l'on repère d'abord à la couleur de ses feuilles, d'un vert bleuté. Pour la nommer avec certitude, il faut ensuite observer la ligule, les stolons et l'épillet, qui la séparent des autres agrostides des prairies humides.
Agrostis canina subsp. glauca (Schrad.) K. Richt. est une sous-espèce de l'agrostide des chiens (Poacées), caractérisée par ses feuilles glauques (teintées de bleu-vert) plus ou moins involutées. Elle est parfois distinguée à partir de différences morphologiques de la ligule et de la largeur foliaire.
Cette nuance de couleur est due à une fine couche cireuse qui recouvre le limbe : elle se voit mieux par temps sec et sur les touffes exposées au soleil. Le caractère reste toutefois variable, et toutes les flores ne reconnaissent pas cette sous-espèce ; certaines la rangent simplement dans la variabilité de l'espèce. Avant de retenir le nom, on vérifie donc plusieurs pieds d'une même station plutôt qu'un seul.
Description : port, feuilles et panicule
Graminée vivace de 20 à 60 cm, aux tiges fines souvent stolonifères. La panicule fine et contractée en épi est brun-violacé. Cette sous-espèce se rencontre dans des milieux plus calcaires et moins acides que la sous-espèce type.
Les stolons courent à la surface du sol et s'enracinent aux nœuds, si bien que la plante forme peu à peu un tapis lâche plutôt qu'une touffe isolée. Les feuilles de la base sont étroites, souvent enroulées, tandis que celles des tiges restent un peu plus planes. La panicule s'étale brièvement au moment de la floraison, en été, puis se resserre à nouveau.
Les détails à regarder à la loupe
- La ligule, petite membrane à la jonction de la gaine et du limbe, est allongée et pointue chez l'agrostide des chiens.
- L'épillet ne contient qu'une fleur ; la glumelle inférieure porte le plus souvent une arête coudée qui dépasse l'épillet.
- La glumelle supérieure est minuscule ou absente, un caractère qui sépare l'espèce de l'agrostide stolonifère.
Milieux et plantes compagnes
Elle pousse dans les prairies humides, bords de fossés et pelouses mésohygrophiles d'Europe tempérée, souvent en compagnie de Molinia caerulea, Juncus acutiflorus et d'autres graminées des milieux humides.
Ces prairies ne se maintiennent que par la fauche ou un pâturage léger : sans entretien, elles se ferment par les ligneux, et les petites graminées comme celle-ci régressent. Le drainage et les apports d'engrais lui sont également défavorables, car ils favorisent des herbes plus hautes et plus vigoureuses qui l'étouffent.
Comment la distinguer des autres agrostides
Dans une même prairie, plusieurs agrostides se côtoient et se ressemblent. L'agrostide stolonifère porte elle aussi des stolons, mais ses épillets n'ont généralement pas d'arête et sa glumelle supérieure est bien développée. L'agrostide capillaire a une ligule courte et tronquée et une panicule largement étalée. Au sein même de l'agrostide des chiens, plusieurs formes ont été décrites : la sous-espèce elatior, plus élancée, la variété tenella aux tiges grêles ou encore la variété fascicularis des tourbières. Leur comparaison montre à quel point les limites entre ces formes restent discutées.
Sur le terrain, la meilleure méthode consiste à noter la couleur du feuillage, la forme de la ligule et la présence de stolons, puis à récolter quelques épillets mûrs pour les examiner au calme. Une photographie de la ligule et de la panicule, prise à côté d'une règle, facilite ensuite la comparaison avec les descriptions des flores régionales.

















