En botanique, les anthérozoïdes (on dit aussi spermatozoïdes végétaux) sont les gamètes mâles mobiles de nombreuses plantes : des cellules munies de deux ou de nombreux flagelles, capables de nager dans une pellicule d'eau jusqu'à l'oosphère, le gamète femelle. Le mot associe le grec anthêros (fleuri, à l'origine de « anthère ») et zôoeidês (semblable à un animal), en raison de leur mouvement. Ils sont produits dans des organes appelés anthéridies.
Chez les mousses et les fougères
Chez les mousses, comme Polytrichum commune, les anthéridies se groupent au sommet des tiges mâles ; les gouttes de pluie projettent les anthérozoïdes vers les tiges femelles voisines. Chez les fougères, comme la fougère mâle (Dryopteris filix-mas), ils naissent sur le prothalle, petit thalle issu de la germination d'une spore, et rejoignent les archégones en nageant dans l'eau de rosée. Cette dépendance à l'eau explique que ces plantes ne se reproduisent sexuellement que dans des milieux humides, au moins par moments.
Une survivance chez le ginkgo et les cycas
Les plantes à graines ont presque toutes remplacé les anthérozoïdes par des noyaux mâles immobiles, transportés par le tube pollinique. Deux groupes font exception : le ginkgo (Ginkgo biloba) et les cycas (Cycas revoluta). Leur tube pollinique libère, près de l'ovule, de grands anthérozoïdes ciliés de plusieurs milliers de flagelles. Leur découverte au Japon, en 1896, a confirmé le lien évolutif entre ces plantes et leurs ancêtres sans graines.
Termes liés
- Anthéridie : organe qui produit les anthérozoïdes.
- Oosphère : gamète femelle immobile, contenu dans l'archégone.
- Anisogamie : fusion de deux gamètes de taille différente, le cas des anthérozoïdes et de l'oosphère.

















