L'adénostyle alliaire, Adenostyles alliariae subsp. alliariae, est une grande Astéracée vivace des montagnes d'Europe. Ses larges feuilles en cœur et ses corymbes rose-pourpre dominent en été les hautes herbes des ravins humides et des lisières subalpines.
Adenostyles alliariae subsp. alliariae (Asteraceae) est la sous-espèce nominale de l'adénostyle alliaire, grande vivace des mégaforbaies subalpines et sous-bois frais des Alpes, Pyrénées et Apennins, entre 700 et 2500 m d'altitude.
Le nom d'espèce alliariae rappelle la ressemblance de ses feuilles avec celles de l'alliaire, une Brassicacée des bords de chemins. Quant au nom de genre, il fait référence aux styles des fleurs. L'expression « sous-espèce nominale » signifie que cette sous-espèce porte le même nom que l'espèce : c'est la forme typique, à partir de laquelle les autres sous-espèces ont été distinguées.
Description
La plante peut atteindre 1 à 2 m de hauteur. Ses grandes feuilles basales en forme de cœur, de 20 à 40 cm, sont triangulaires-cordatées, vert pâle dessous et vert foncé dessus. Les têtes de capitules rose-pourpre, groupées en corymbes, s'épanouissent en juillet-août.
Chaque capitule ne porte que quelques fleurs tubulées, sans fleurs en languette : l'effet coloré vient du grand nombre de capitules réunis en larges inflorescences aplaties. Les tiges dressées, robustes, portent des feuilles de plus en plus petites vers le haut. La souche, épaisse, permet à la plante de repartir chaque printemps à la fonte des neiges.
Habitat
Espèce caractéristique des mégaphorbiaies alpines : elle domine souvent les communautés à grandes herbes des ravins humides, couloirs d'avalanches et lisières subalpines, où elle peut former des peuplements denses de plusieurs mètres carrés.
Une mégaphorbiaie est une formation de hautes plantes herbacées à larges feuilles, installée sur des sols frais, profonds et riches. On y trouve, aux côtés de l'adénostyle, des aconits, des laitues des Alpes, des géraniums des bois ou des grandes ombellifères. Ces prairies d'herbes géantes se développent là où la neige s'accumule et fond lentement, là où l'eau circule dans le sol tout l'été, et là où les avalanches empêchent la forêt de se refermer.
Les adénostyles voisins
Le genre compte plusieurs espèces et sous-espèces dans les montagnes d'Europe, qui se distinguent surtout par la forme et la pilosité des feuilles. Dans les Pyrénées, on rencontre l'adénostyle des Pyrénées, tandis que la Corse abrite une espèce qui lui est propre, l'adénostyle de Briquet, rare endémique corse. Là où plusieurs adénostyles se côtoient, des formes intermédiaires apparaissent, comme l'adénostyle hybride des alpages.
Pour reconnaître la sous-espèce nominale, on observe la face inférieure des feuilles, la forme des dents de leur bord et le nombre de fleurs par capitule. Une bonne flore de montagne reste indispensable, car les caractères se recoupent en partie.
Une plante qui nourrit et qui se défend
Les adénostyles contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques, des substances toxiques pour le bétail et pour l'homme, ce qui explique que les animaux au pâturage les délaissent. Certaines chrysomèles de montagne, de petits coléoptères aux reflets métalliques, se nourrissent pourtant de leurs feuilles et récupèrent ces substances pour se protéger elles-mêmes de leurs prédateurs. Les larges feuilles trouées en fin d'été sont souvent le signe de leur passage.
Au jardin, l'adénostyle alliaire reste rare : elle demande de la fraîcheur, un sol riche et humide et des étés sans canicule, conditions difficiles à réunir en plaine. Dans la nature, elle signale à elle seule un milieu humide et riche, précieux pour la diversité des insectes de montagne.

















