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Hortus botanique

Adenostyles × intermedia, un hybride des hautes herbes alpines

Planche botanique stylisée d’Adenostyles × ‘Intermedia’, famille des Asteraceae

Adenostyles × intermedia est un hybride naturel, né du croisement de deux adénostyles des montagnes européennes. Il pousse là où ses parents se côtoient, dans les hautes herbes humides de l'étage subalpin, et se reconnaît à un mélange de leurs caractères plutôt qu'à un trait unique.

Adenostyles × intermedia (Wulfen) W.D.J. Koch est l'hybride naturel entre Adenostyles alliariae et Adenostyles glabra (Asteraceae). Il exprime des caractères intermédiaires entre les deux parents : feuilles de taille intermédiaire, pubescence réduite sur les faces foliaires.

Habitat

Comme les espèces parentes, cet hybride pousse dans les mégaforbaies subalpines humides (communautés à grandes herbes d'altitude), les ravins frais et les bords de torrents alpins entre 1200 et 2200 m. Il co-existe souvent avec les deux parents.

Détermination

Les hybrides interspécifiques d'adénostyles sont fertiles et forment parfois des populations stables. La détermination précise requiert l'examen combiné de la pubescence, de la forme des feuilles et de la disposition des fleurs en capitules.

Les deux parents à savoir distinguer

Pour identifier l'hybride, il faut d'abord reconnaître ses parents. L'adénostyle à feuilles d'alliaire, Adenostyles alliariae, forme de grandes touffes aux feuilles larges, en cœur, dont le revers porte un duvet grisâtre ; il affectionne les sols profonds et humides. L'adénostyle glabre, Adenostyles glabra, plus petit, a des feuilles plus épaisses, presque lisses, aux dents régulières, et préfère les éboulis et les forêts claires sur calcaire. La fiche de la sous-espèce type, Adenostyles alliariae subsp. alliariae, détaille le premier parent.

Chez l'hybride, la pilosité du revers est réduite sans disparaître, la forme du limbe hésite entre le cœur large de l'un et le contour plus arrondi de l'autre, et la denture paraît moins régulière que chez l'adénostyle glabre. Aucun de ces indices ne suffit seul : c'est leur combinaison qui oriente la détermination.

Observer la plante sur le terrain

  • Examiner le revers de plusieurs feuilles, à la loupe si possible : densité et couleur des poils.
  • Comparer la taille et l'épaisseur du limbe avec celles des pieds voisins des deux espèces.
  • Noter l'organisation des capitules, petits et groupés en corymbe au sommet des tiges, et la teinte des fleurs, rose à pourpre.
  • Relever le milieu exact : sol profond et humide, éboulis frais, lisière forestière.

Une photographie du revers des feuilles et de l'inflorescence, accompagnée de la localisation et de l'altitude, permet ensuite de soumettre l'observation à un conservatoire botanique ou à un réseau de botanistes, qui confirmeront ou non l'identification.

Pourquoi les adénostyles se croisent

Deux espèces proches peuvent se croiser quand elles fleurissent en même temps, au même endroit, et partagent les mêmes insectes pollinisateurs. Dans les Alpes, les zones de contact entre les sols profonds des mégaforbaies et les éboulis calcaires réunissent ces conditions : les deux adénostyles s'y rencontrent sur quelques mètres, et des hybrides peuvent apparaître. Le phénomène n'est pas propre au genre ; il s'observe aussi chez les achillées, les crépides ou les chardons, comme le montre la fiche du chardon des haies Carduus × sepincola.

Les mégaforbaies, un milieu fragile

Les mégaforbaies sont des formations de hautes herbes à larges feuilles, installées sur des sols riches et constamment humides, au bord des ruisseaux ou au pied des pentes où la neige fond tard. Elles accueillent aconits, laitues des Alpes, géraniums des bois et adénostyles, et abritent de nombreux insectes. Le piétinement, le drainage, les captages d'eau, l'abandon ou l'intensification du pâturage modifient ces milieux. Les autres adénostyles de la base, réunis dans la liste des plantes du genre A, complètent ce portrait des hautes herbes alpines.

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