Aegilops cylindrica var. fuliginosa est une forme de l'égilope cylindrique, graminée annuelle des champs de céréales dont les épis portent des arêtes sombres. L'espèce intéresse autant les agronomes, qui la combattent dans les blés, que les généticiens, car elle partage avec le blé tendre une partie de son génome.
Aegilops cylindrica var. fuliginosa est une variété de l'égilope cylindrique (Poacées, tribu Triticeae), graminée annuelle adventice des champs céréaliers et bords de chemins du bassin méditerranéen. L'épithète fuliginosa (fuligineux, sombre comme la suie) décrit les arêtes foncées qui teintent les épis de cette variété.
Reconnaître l'égilope cylindrique
La plante forme une touffe de tiges fines qui portent chacune un épi étroit et cylindrique, comme un crayon. Les épillets sont serrés contre l'axe, logés dans de petites dépressions, ce qui donne à l'épi un contour presque lisse. Le sommet de l'épi porte de longues arêtes dressées, plus visibles que celles des épillets inférieurs. À maturité, l'épi se désarticule : il se brise en segments, chacun emportant un épillet et ses graines. Cette particularité vaut à l'espèce son nom anglais de « jointed goatgrass ».
Importance agronomique
Aegilops cylindrica est une mauvaise herbe des céréales, notamment du blé. Elle peut se croiser avec le blé tendre et en recevoir des gènes de résistance aux herbicides, posant des problèmes en céréaliculture conventionnelle.
Ses segments d'épi ont à peu près la taille et le poids d'un grain de blé : ils passent dans la moissonneuse, se mêlent à la récolte et se retrouvent dans les semences de ferme mal triées. L'espèce germe surtout à l'automne, en même temps que les céréales d'hiver, ce qui la rend difficile à éliminer sans abîmer la culture. Introduite hors de son aire d'origine, elle est devenue une adventice redoutée dans les grandes plaines céréalières d'Amérique du Nord.
Génome
L'égilope cylindrique (génome CD) n'est pas elle-même l'un des géniteurs des blés cultivés : elle partage avec le blé tendre le génome D, hérité d'Aegilops tauschii, qui a contribué à la polyploïdisation du blé tendre. Son génome est étudié dans le cadre du séquençage et de l'amélioration génétique du blé.
L'égilope cylindrique est elle-même issue d'un croisement ancien entre deux égilopes sauvages, l'une apportant le génome C, l'autre, Aegilops tauschii, le génome D. C'est ce génome D commun qui rend possibles les hybrides spontanés entre le blé tendre et l'égilope en bordure de parcelle. Ces hybrides sont en grande partie stériles, mais quelques graines suffisent, au fil des générations et des croisements en retour, pour faire passer un gène du blé vers l'adventice. Le cas a été étudié de près avec des blés rendus tolérants à certains herbicides : leur usage dans des parcelles infestées impose de surveiller l'apparition d'égilopes devenues elles aussi tolérantes.
Limiter sa propagation dans les parcelles
La lutte repose surtout sur des mesures agronomiques. Semer des lots propres, triés ou certifiés, évite d'introduire les segments d'épi dans un champ sain. Alterner les céréales d'hiver avec des cultures de printemps ou des prairies casse le cycle de l'adventice, qui lève en même temps que le blé d'automne. Nettoyer la moissonneuse avant de passer d'une parcelle infestée à une parcelle saine, faucher les bords de chemins avant la maturité des épis et arracher les premières touffes repérées limitent la constitution d'un stock de graines dans le sol.
Les autres égilopes de la base botanique
Le genre compte plusieurs espèces proches, adaptées aux pelouses sèches et aux friches méditerranéennes. La fiche d'Aegilops ovata var. echinus, égilope épineuse, montre un épi court et ovoïde très différent. La variété pauciaristata, aux arêtes peu nombreuses, se distingue de la forme fuligineuse par l'armature de ses épis. Les autres plantes classées sous la même lettre sont réunies dans les fiches du genre A.

















