Agropyron goiranicum est un chiendent vivace de la famille des Poacées, dédié au botaniste véronais Antonio Goiran. Discret dans les pelouses sèches, il illustre bien la difficulté de classer les Triticeae, ces graminées parentes des blés que les botanistes ont souvent redistribuées.
Agropyron goiranicum est une graminée vivace décrite par le botaniste véronais Antonio Goiran (1835-1909), spécialiste de la flore des Préalpes vénitiennes. Elle appartient à la tribu des Triticeae (Poacées) et est proche du groupe des froments sauvages.
Reconnaître l'épi d'Agropyron goiranicum
Comme les autres espèces du genre Agropyron s.l., cette graminée produit des épis dressés aux épillets sessiles disposés en rangs sur l'axe. Les feuilles plates ou enroulées sont adaptées aux pelouses sèches.
Chez les Triticeae, chaque épillet est posé directement sur l'axe de l'épi, sans pédicelle, et les épillets alternent de part et d'autre de cet axe. Ce caractère sépare d'emblée les chiendents des graminées à panicule, comme les fétuques ou les pâturins. Il faut ensuite écarter les ivraies (Lolium), dont les épillets sont tournés vers l'axe par leur tranche et ne portent qu'une glume, et les brachypodes, dont les épillets reposent sur un très court pédicelle.
Pour aller plus loin dans l'identification, on regarde la forme et la nervation des glumes, la présence ou non d'une arête au sommet des lemmes, la pilosité des gaines foliaires et le port de la plante : touffe serrée ou tiges isolées reliées par des rhizomes. Ces détails demandent une loupe et un échantillon complet, en fleurs.
Taxonomie
Le genre Agropyron a été largement révisé : la plupart de ses espèces européennes sont maintenant classées dans Elymus, Elytrigia ou Thinopyrum. La position exacte de A. goiranicum dans cette nouvelle classification dépend d'une étude moléculaire spécifique.
Au sens strict, le nom Agropyron ne désigne plus que les chiendents à crête des steppes, dont Agropyron cristatum, aux épis aplatis et aux épillets serrés en peigne. Le chiendent rampant des jardins, longtemps appelé Agropyron repens, est aujourd'hui rangé dans Elymus, et la base conserve aussi des fiches sous les anciens noms, comme celle d'Agropyron repens subsp. campestre.
Ces changements de nom ne modifient pas la plante : ils traduisent une meilleure connaissance des liens de parenté. Les Triticeae s'hybrident volontiers entre elles, ce qui complique les limites entre espèces ; l'hybride Agropyron x hebestachyum en donne un exemple. Pour une fiche ancienne, il est donc utile de noter le nom sous lequel la plante a été publiée et le nom accepté aujourd'hui.
Un nom qui rend hommage à un botaniste
L'épithète goiranicum est dédicatoire : elle latinise le nom d'Antonio Goiran, comme bien d'autres épithètes honorent le botaniste qui a récolté ou étudié une plante. La région de Vérone, avec le massif du Monte Baldo, est réputée chez les botanistes pour la richesse de sa flore, ce qui explique le nombre de taxons qui y ont été décrits et nommés par des naturalistes locaux.
Les chiendents voisins à comparer
Pour situer ce taxon, la comparaison avec les autres chiendents de la base est la meilleure méthode : le chiendent à épillets gonflés montre par exemple comment une simple variété se distingue par la forme de ses épillets. Le genre réunit des plantes très proches, et seule une observation attentive de l'épi permet de les séparer avec assurance.

















