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Hortus botanique

Euphorbe pubescente presque glabre, une variété des milieux humides

Planche botanique stylisée d’Euphorbia pubescens var. subglabra, famille des Euphorbiacées

Euphorbia pubescens var. subglabra est une forme presque dépourvue de poils de l'euphorbe pubescente, vivace des lieux humides du bassin méditerranéen. Elle s'identifie à sa pilosité réduite, mais garde tous les caractères du genre, dont le latex blanc irritant.

Euphorbia pubescens var. subglabra (Willk.) Pamp. est une variété de l'euphorbe pubescente (Euphorbiacées), dont les tiges et feuilles sont presque glabres, contrairement à la forme type couverte de poils. L'épithète subglabra (presque glabre) distingue clairement cette variété du type.

La distinction tient donc à un caractère facile à vérifier, à condition de regarder de près. Chez la forme type, une loupe révèle un duvet de poils fins et mous sur les tiges et la face inférieure des feuilles ; chez la variété subglabra, ces poils sont rares ou cantonnés à quelques zones. Comme la pilosité varie aussi avec l'âge de la plante, l'ombre ou l'humidité du sol, certaines flores ne retiennent pas cette variété et la rattachent simplement à l'espèce.

Description

Vivace de 50 à 100 cm, aux tiges dressées portant des feuilles ovales-lancéolées sessiles. Les cyathes sont jaunâtres, groupés en ombelles multi-branchues. Le latex blanc acre est typique du genre.

Le cyathe, une fausse fleur

Ce que l'on prend pour une fleur chez une euphorbe est en réalité une inflorescence très réduite, le cyathe. Une petite coupe, l'involucre, porte sur son bord des glandes nectarifères et renferme plusieurs fleurs mâles réduites chacune à une étamine, autour d'une unique fleur femelle sans pétales. Celle-ci se dresse sur un pédoncule au-dessus de la coupe et devient une capsule à trois loges, qui s'ouvre à maturité en projetant ses graines.

Les bractées jaunâtres qui entourent les cyathes jouent le rôle de pétales pour attirer les insectes. La forme des glandes, celle des bractées et l'aspect de la capsule, lisse ou couverte de petites verrues, servent à séparer les euphorbes entre elles ; pour une variété comme celle-ci, ce sont surtout les poils qui comptent.

Un latex à manipuler avec précaution

Comme chez toutes les euphorbes, la sève blanche qui s'écoule à la moindre blessure irrite la peau et surtout les yeux. Lors d'une récolte d'échantillon ou d'un arrachage, des gants et des lunettes évitent les brûlures ; on se lave les mains avant de se toucher le visage. La plante est également toxique si elle est ingérée, ce qui justifie de la tenir hors de portée des enfants et des animaux domestiques dans un jardin.

Habitat

On la rencontre dans les saulaies, ripisylves et bords de cours d'eau temporaires du bassin méditerranéen occidental (Espagne, France méridionale, Afrique du Nord) et du Proche-Orient. Elle fréquente les milieux à humidité saisonnière, arrosés en hiver et secs en été.

Ces milieux à humidité temporaire sont fragiles. Le drainage, la canalisation des ruisseaux, le défrichement des berges ou l'urbanisation des plaines littorales réduisent les stations favorables, et avec elles les plantes qui en dépendent. Les saulaies méditerranéennes abritent d'ailleurs d'autres euphorbes de milieux frais, comme Euphorbia salicetorum, espèce rare.

Ne pas la confondre avec les euphorbes voisines

Plusieurs euphorbes vivaces du même bassin ont une silhouette proche : tiges dressées, feuilles sessiles, ombelles terminales jaunâtres. Le milieu aide à trier : l'euphorbe pubescente recherche les sols frais ou humides, alors que d'autres espèces s'installent sur les sables, les rochers ou les falaises battues par les embruns, comme l'euphorbe de Portland des falaises maritimes. Pour aller au nom exact, on observe ensuite les glandes du cyathe, la surface de la capsule et la pilosité.

Les fiches des plantes du genre E de la base botanique permettent de comparer les euphorbes décrites et de vérifier les synonymes, nombreux dans ce genre où les noms ont souvent changé au gré des révisions.

Observer cette variété sur le terrain

La meilleure période pour l'identifier est celle où les cyathes sont formés et où les capsules commencent à grossir : tous les caractères utiles sont alors visibles sur une même tige. Une photographie de la tige à la loupe, une autre de l'inflorescence et une note sur le milieu suffisent souvent à un botaniste pour confirmer la détermination. La cueillette n'est pas nécessaire et doit être évitée dans les espaces protégés.

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