Anacamptis × timbalii est une orchidée hybride naturelle, née du croisement entre l'orchis pyramidal et l'orchis bouffon. Rare et peu fertile, elle ne se rencontre que là où les deux parents fleurissent ensemble, sur les pelouses calcaires.
Anacamptis × timbalii est un hybride naturel issu du croisement entre Anacamptis pyramidalis (l’orchis pyramidal) et Anacamptis morio (l’orchis bouffon). Il présente des caractères intermédiaires : épi floral moins dense que chez A. pyramidalis, tépales labiaux plus foncés que chez A. morio.
Deux parents bien différents
L'orchis pyramidal porte un épi serré, d'abord conique puis arrondi, de petites fleurs roses à éperon fin. L'orchis bouffon, plus trapu, présente des fleurs moins nombreuses, dont les sépales forment un casque veiné de vert. Leur hybride emprunte à l'un et à l'autre : un épi plus lâche que celui du pyramidal, des fleurs plus grandes, une couleur souvent plus soutenue. Ces caractères varient d'un individu à l'autre, car chaque hybride résulte d'un croisement particulier.
Rareté
Comme la plupart des hybrides d’orchidées, il est peu fertile et rare dans la nature. Sa présence indique la cohabitation des deux parents sur la même pelouse.
On l'a longtemps décrit comme un hybride intergénérique, à l'époque où l'orchis bouffon était classé dans le genre Orchis. Le rattachement de cette espèce au genre Anacamptis, à la suite de travaux de génétique, en fait aujourd'hui un hybride entre deux espèces du même genre. D'autres croisements naturels figurent dans la base, comme Orchis × neustriaca, orchidée hybride de Normandie, ou l'hybride entre Orchis et Gymnadenia, × Orchigymnadenia evequei.
Répartition
Signalé dans les pelouses calcaires du sud de la France et du bassin méditerranéen nord-occidental, là où les deux parents se rencontrent au printemps (avril-mai).
Ces pelouses sèches, rases et ensoleillées, sont aussi les milieux de prédilection de nombreuses autres orchidées terrestres. Leur maintien dépend souvent d'un pâturage extensif ou d'une fauche tardive, qui empêchent l'embroussaillement. Quand ces pratiques disparaissent, les buissons gagnent, et les orchidées avec leurs hybrides reculent.
Comment naît un hybride d'orchidée
Les orchidées dépendent d'insectes pollinisateurs qui transportent leurs pollinies, ces masses de pollen collées sur la tête ou la trompe du visiteur. Lorsqu'un insecte passe d'une fleur d'orchis bouffon à une fleur d'orchis pyramidal, il peut déposer le pollen de l'une sur l'autre. Si la fécondation réussit, les graines donnent des plantes hybrides, qui mettront plusieurs années à fleurir à leur tour. Les graines d'orchidées, minuscules, ne germent qu'en association avec un champignon du sol, ce qui rend chaque apparition d'hybride d'autant plus remarquable.
Observer et identifier l'hybride
Repérer Anacamptis × timbalii demande de connaître d'abord parfaitement ses deux parents. Sur une pelouse où ils fleurissent ensemble, un pied qui ne ressemble franchement ni à l'un ni à l'autre mérite une observation attentive : forme de l'épi, taille des fleurs, présence de veines vertes sur le casque, longueur de l'éperon. Une photo de l'inflorescence entière et un gros plan d'une fleur aident les spécialistes à confirmer l'identification.
Comme toutes les orchidées sauvages, l'hybride ne se cueille pas et ne se déterre pas : plusieurs espèces d'orchidées sont protégées, et leur prélèvement compromet des populations déjà fragiles. Les observations peuvent être transmises aux associations orchidophiles ou au conservatoire botanique de la région, qui suivent ces stations remarquables.

















